C’était il y a plus de 8 ans, en octobre 2012. L’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) procédait à l’interpellation et au placement en garde à vue de treize policiers affectés à la Brigade Anti-Criminalité (BAC) des Quartiers Nord de Marseille, la « BAC Nord ». Des perquisitions étaient menées à leurs domiciles et au sein de leur service afin de retrouver les preuves de leurs forfaits. À l’issue de leur placement en garde à vue, sept d’entre eux étaient incarcérés et cinq étaient mis en examen pour « vols et extorsions en bande organisée, acquisition et transport de produits stupéfiants ».
Marseille, ses quartiers Nord, des cow-boys de la BAC mis en cause sur fond de trafic de stupéfiants et d’argent sale : « l’affaire » avait tout pour plaire à une presse avide de sensations fortes et, ce faisant, pour projeter la lumière sur les preux « chevaliers blancs » qui la sortiraient. C’est du moins ce que pensa, semble-t-il, l’ambitieux préfet délégué à la sécurité des Bouches du Rhône de l’époque qui, prenant pour argent comptant les « déclarations » de policiers précédemment évincés de la Bac Nord, saisit le médiatique Procureur de la République, Jacques Dallest, de ces « révélations » chocs.
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Ouverture d’information judiciaire, mise en place de moyens colossaux habituellement réservés au grand banditisme (écoutes téléphoniques, sonorisations des voitures de service de la Bac), recueil de témoignages – forcément objectifs ! – auprès de « dealers » de cités maintes fois interpellés par les policiers incriminés, 30 policiers de l’IGPN mobilisés le jour J : on ne lésina sur rien pour faire tomber les « ripoux » de la Bac Nord. Si bien que, sûr de son fait, Jacques Dallest n’hésitera pas, le jour du déferrement des bacmen au Palais de justice de Marseille, à parler d’une « gangrène » qui avait frappé le service de la Bac Nord.
C’était il y a plus de huit ans et, à ce jour, les policiers de la Bac Nord n’ont toujours pas été jugés ! Ils le seront en avril prochain, si tout va bien, et pour des faits bien moins graves que ceux ayant motivés l’enquête initiale, la « bande organisée » ayant été finalement abandonnée par les magistrats. Entre-temps, comme l’avait demandé le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, le couperet des sanctions administratives est tombé : dissolution de l’unité (aujourd’hui reconstituée), révocations de certains (trois), suspension d’autres, mutations d’office, etc. Avec les conséquences dramatiques que l’on devine : carrières brutalement cassées, vies privées détruites (maisons vendues pour payer les frais de justice, divorces, dépressions), opprobre durablement jeté sur un service jadis cité en exemple pour son efficacité (ne parlait-on pas de la BAC Nord de Marseille comme de la meilleure BAC de France puisqu’elle battait tous les records d’interpellations ?)
Ce procès alimentera forcément, chez les antifas et autres séides de l’ultra-gauche, les fantasmes les plus nauséabonds sur la corruption au sein d’une institution qui sait pertinemment, depuis les déclarations du chef de l’État le 4 décembre, qu’elle est seule face à l’adversaire
Ce procès annoncé est attendu depuis longtemps par les policiers renvoyés en correctionnelle. Ils brûlent de dire leur vérité sur une affaire qui, au-delà, de possibles dérapages individuels, risque surtout de mettre en exergue des insuffisances coupables (en matière, par exemple, de formation des policiers au traitement des informateurs ou de gestion des produits appréhendés) et des négligences inacceptables (quid du contrôle interne de ces policiers dont il se disait que leurs « agissements » étaient connus de « tous » ?). On se rappellera aussi que nous étions à l’époque de la culture du résultat, un temps où les chefs des services étaient sommés de s’expliquer mensuellement sur leurs « chiffres » (le fameux Sarkothon) ; de là à penser que certains services furent soumis à de lourdes pressions en termes de rendement… le « quoi qu’il en coûte » avant l’heure.
Et on n’oubliera pas non plus, dans quel environnement travaillaient, et travaillent encore, les policiers de la Bac Nord. On conseillera sur ce point le film de Cédric Jimenez, BAC Nord, saisissant de réalisme. Enkystées dans le trafic de stupéfiants et soumises à l’emprise tentaculaire/totalitaire des réseaux qui les contrôlent, les cités marseillaises sont des territoires infernaux où la lutte contre le trafic de stupéfiant relève, ni plus ni moins, de la guerre urbaine. Or, simples flics, flics tout simplement, les baqueux des quartiers Nord n’avaient que leur « b… et leur couteau » pour effectuer un job que personne ne voulait, ne pouvait plus faire au quotidien. Cela aussi il faudra le rappeler aux juges confortablement installés dans leurs certitudes, des juges, c’est malheureusement à craindre, qui auront aussi à affronter le vent mauvais de la haine anti-flic. Hasard du calendrier judiciaire, c’est au moment où les forces de l’ordre sont sommées de mettre un genoux à terre devant les factions de l’Anti-France que l’affaire de la BAC Nord ressurgit…
N’en doutons pas un seul instant : après la dénonciation du racisme et de la violence systématiques des policiers, ce procès alimentera forcément, chez les antifas et autres séides de l’ultra-gauche, les fantasmes les plus nauséabonds sur la corruption au sein d’une institution qui, par ailleurs, sait pertinemment, depuis les déclarations du chef de l’État le 4 décembre, qu’elle est seule face à l’adversaire…. Tout comme les flics de la BAC Nord.





