Ce petit livre se présente comme le récit d’un itinéraire intellectuel mais, comme l’indique Chantal Delsol en préface, il est bien plus : la peinture d’une âme. Pierre Magnard est un homme en porte-à-faux de son époque. Né au Maroc, amoureux de la France, il découvrit adolescent un pays en plein reniement. De même, hanté par la question du sens à l’ère du nihilisme triomphant, il fut, avec Jean-François Mattei, Pierre Boutang et quelques autres, un adversaire radical de ce nihilisme sophistiqué porté par Deleuze, Bourdieu, Foucault et Derrida qu’il eut pour condisciples ou collègues. Ce récit est aussi celui de grandes rencontres : celles de Jean Beaufret, son professeur de philosophie à Henri IV, de Heidegger, Plotin, Montaigne, de Pascal enfin à qui il consacra un maître ouvrage.
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Pierre Magnard fut un grand professeur dont la vie tout entière fut animée par le souci de la transmission et la volonté d’éveiller les jeunes âmes à la question du sens ; une transmission créatrice donc, attentive aux êtres et toujours désireuse, en cela fidèle à l’enseignement de Heidegger et de Beaufret, de « désabriter la vérité », de veiller à ce que jamais elle ne se fige en idolâtrie. Il est aussi un homme de combat : son itinéraire est un défi aux sophistes, falsificateurs et autres saltimbanques qui surpeuplent notre monde intellectuel. Les grands professeurs sont eux aussi les grands aventuriers du monde moderne.

Le Centurion, 228 p., 19,90€





