Apparu depuis quelques années sans être toutefois nommé, le « natiobeauf » est un homme de droite d’un certain âge qui adore diffuser des photomontages mettant en scène Astérix et Obélix en lutte contre les ennemis de la France : « Mon pays c’est le saucisson, le pinard et les nichons ! T’aimes pas : tu dégages ! » Moqué, ridiculisé, le natiobeauf est pourtant touchant. Sa politique n’est qu’instinct. Désireux d’un retour à la France des années soixante et soixante-dix, ère bénie durant laquelle les émissions de variété n’invitaient pas des Jamel Debbouze et des Soprano mais des Sardou et des Carlos, le natiobeauf ne reconnaît plus sa France. Il est orphelin des ballons de rouge au comptoir à sept du mat’, du petit baluchon dans lequel on portait son encas de camembert ou de pâté pur porc avant d’aller au turbin.
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Notre natiobeauf est un peu rude et grossier, usant et abusant des majuscules comme des points d’exclamation, passant ses week-ends à pourrir les commentaires des médias en ligne en trollant la start-up nation, les islamistes ou les « bobos », mais on l’aime pour ça. Il a développé une esthétique chaleureuse, immédiatement reconnaissable. Il nous amuse, nous fait parfois sourire. Quand on le parodie, c’est peut-être un hommage inconscient que nous lui rendons : « FOUTEZ NOUS LA PAIX BANDE DE CONS !!! MICRON, BRIGITTE ET LES MUZZS : TOUCHEZ PAS AUX GAULOIS, ON VA SE FÂCHER !!!! »





