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Dissoudre le CCIF ? Pas de pitié pour les croissants !

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Publié le

6 janvier 2021

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Sous couvert de laïcité radicale, le CCIF fait œuvre de propagation de mœurs et de lois tranquillement islamistes.

Au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, Gérald Darmanin a annoncé son intention de dissoudre le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) qui serait « manifestement impliqué » dans le meurtre du professeur d’histoire. Les éléments juridiques reliant l’association à l’acte de l’assassin tchétchène semblent minces, mais sont-ils réellement nécessaires ? Car en 2013, à la suite de l’affaire Clément Méric, le gouvernementalité dissous sans hésiter plusieurs associations d’extrême droite, qui n’avaient pourtant aucun lien avec la mort du militant gauchiste. Cependant, si le CCIF était dissous en suivant cette « jurisprudence Méric », cela transformerait ses membres en boucs émissaires, et d’après leurs réactions, ceux-ci se préparent déjà à capitaliser sur cette décision, qui prouverait encore une fois selon eux le racisme de l’État français envers les musulmans.

Il faudrait alors exposer les véritables raisons juridiques et politiques pour lesquelles cette association devrait être dissoute. Cela tient en une phrase : le CCIF est un loup déguisé en mouton. C’est un loup, car c’est une association qui vise le développement et la propagation de l’islam compris comme orthopraxie, c’est-à-dire comme « charia », Loi divine révélée incompatible avec une société qui entend élaborer sa propre loi, guidée par une morale naturelle. C’est l’islam de son fondateur Samy Sebah, membre et prédicateur du Jamâ!at at-Tablîgh, un mouvement ultra-fondamentaliste et prosélyte d’origine indo-pakistanaise. Cela ne peut bien sûr pas être affiché tel quel, c’est pourquoi ce projet se dissimule sous le masque de la défense des « libertés fondamentales de l’homme » et de la « lutte contre le racisme ».

Plus précisément, le CCIF utilise nos libertés fondamentales pour protéger la diffusion d’une doctrine qui vise à subvertir ces libertés fondamentales. Cette démarche s’appuie sur l’ambiguïté du mot « religion ». Car par « religion », le CCIF n’entend pas seulement un ensemble de croyances que l’on pourrait adopter et rejeter librement, mais aussi, comme beaucoup de musulmans, un ensemble jurisprudentiel de préceptes à caractère théologico-légal plus ou moins contraignant. C’est pourquoi, lorsqu’on dit à un musulman qu’il est libre de pratiquer sa religion en France, il peut de bonne foi comprendre qu’il a le droit de vivre selon la charia, comme s’il était dans un pays musulman. C’est pourquoi aussi il peut sincèrement avoir l’impression qu’on lui a menti, lorsqu’il découvre qu’on lui interdit la polygamie, la domination de son épouse, l’endoctrinement des enfants, les prières publiques, les appels du muezzin, etc.

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Il faudrait lever cette ambiguïté dont se nourrit le CCIF et dire clairement que la France est tout à fait opposée à la liberté religieuse comprise ainsi, que la liberté occidentale ne se réduit pas à la liberté de choisir son aliénation, mais c’est avant tout la liberté de se donner sa propre loi. C’est le cœur de la décision de la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Refah Partisi (Parti de la prospérité), jugée en 2001, qui est de la plus haute importance ici.

Il s’agissait de la dissolution d’un parti islamiste turc, qui avait fait appel de cette décision à la CEDH. « La cour fit observer […] que les dirigeants et les membres du R.P. utilisaient les droits et libertés démocratiques en vue de remplacer l’ordre démocratique par un système fondé sur la charia. Selon la Cour, lorsqu’un parti politique poursuivait des activités visant à mettre fin à l’ordre démocratique et utilisait sa liberté d’expression pour appeler à passer à l’action dans ce sens, la Constitution et les normes supranationales de sauvegarde des droits de l’homme autorisaient sa dissolution ».

La CEDH avance d’une façon claire : « La Cour reconnaît que la charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques. […] Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’homme et de soutenir un régime fondé sur la charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. […] Selon la Cour, un parti politique dont l’action semble viser l’instauration de la charia dans un État partie à la Convention peut difficilement passer pour une association conforme à l’idéal démocratique sous-jacent à l’ensemble de la Convention ». (Arrêt CEDH Refah Partisi c/ Turquie du 31/07/2001)

Le CCIF vise le développement et la propagation de l’islam compris comme orthopraxie.

Vis-à-vis de nos lois, le CCIF est exactement dans la même situation !: il ne peut pas se prévaloir de la liberté fondamentale de conscience pour défendre un obscurantisme qui pourrait faciliter le passage à l’acte des Tchétchènes déséquilibrés. Plus précisément, si des prêcheurs comme ceux soutenus par le CCIF, expliquent que l’on encourt les « peines de l’enfer » si l’on ne défend pas « l’honneur » du fondateur de leur religion, est-ce qu’ils n’incitent pas à commettre des actes illégaux ? C’est pour cette hypocrisie, pour ce « double langage » qu’il faudrait dissoudre le CCIF, mais aussi pour l’abus qu’il fait de la laïcité, qu’il comprend malicieusement comme non-ingérence de l’État dans les affaires religieuses.

Or le politique a un droit de regard certain vis-à-vis du contenu doctrinal prêché dans les lieux de culte. Car sinon, comment le législateur pourrait-il vérifier « si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres » (art. 35 de la loi de 1905) ? Un État neutre par rapport à la religion musulmane, qui laisserait les oulémas prêcher en paix, et les musulmans vivre d’après leurs préceptes, ce serait très exactement… un État islamique ! Ce n’est qu’un paradoxe formel de dire qu’il n’y a pas de « liberté pour les ennemis de la liberté », et pas de « tolérance pour les intolérants ». Au contraire, c’est avec un courroux d’autant plus vif qu’il faut s’abattre sur les hypocrites qui utilisent ce que nous avons de plus saint pour le détruire.

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