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Marche pour la vie : « Il faut que les Français prennent conscience de la gravité des lois bioéthiques »

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Publié le

12 janvier 2021

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Le dimanche 17 janvier, la Marche pour la vie organise au Trocadéro à partir 14h une grande manifestation pour s’opposer aux projets de loi bioéthique portés par la majorité. Pour Nicolas Tardy-Joubert, conseiller régional d’Île-de-France et président de la Marche pour la vie, il est anormal que la majorité porte ces textes en pleine crise sanitaire, et appelle les Français à participer en masse à la manifestation, ce qui sera rendu possible à distance via l’application Zoom.

En quoi consistera la manifestation physique, dans l’éventualité où les conditions pour manifester ne se durcissent pas ?

Le collectif d’associations de la Marche pour la vie, comme il le fait régulièrement, descendra dans la rue le 17 janvier. Il y aura une manifestation statique sur la place du Trocadéro entre 14h et 17h avec d’abord un village d’associations dans lequel les gens pourront circuler. Le rassemblement commencera à 15h avec ceux qui pourront être à Paris dans le respect des consignes sanitaires. Nous sommes autorisés à accueillir jusqu’à 5 000 personnes en présentiel. Et compte tenu de la situation exceptionnelle et des contraintes de circulation, nous allons innover en lançant une grande manifestation numérique sur Zoom. Nous espérons qu’un maximum de Français nous rejoindra malgré la distance. Un grand écran permettra d’associer tous ceux qui participent à la marche de quelque manière que ce soit. Peut-être qu’il y aura des informations supplémentaires au cours de la semaine, mais pour l’instant c’est ce qui est prévu.

Pensez-vous que ce type de manifestation virtuelle peut avoir un impact ?

Oui bien sûr. Faire une manifestation de quelque manière que ce soit nous permet de diffuser notre message, d’avoir un contact avec la presse et un retentissement sur les réseaux sociaux. Nous sommes tout à fait opposés aux projets et propositions de loi qui seront discutés dans les semaines et mois à venir. D’abord, il y a au Sénat l’examen d’une proposition de loi sur le rallongement des délais de l’IVG et la suppression de la clause de conscience. Il faut ajouter à cela le projet de loi bioéthique qui revient.

Nous sommes autorisés à accueillir jusqu’à 5 000 personnes en présentiel. Et compte tenu de la situation exceptionnelle et des contraintes de circulation, nous allons innover en lançant une grande manifestation numérique sur Zoom

Et si nous descendons dans la rue, c’est parce que nous avons des revendications politiques et que nous voulons clairement expliquer pourquoi nous y sommes opposés. Comme d’habitude, beaucoup de jeunes et de bénévoles seront présents sur place. Mais nous nous adaptons avec cette conférence Zoom et cette manifestation étant innovante, je pense qu’elle peut avoir un impact important.

Les enjeux de la mobilisation sont-ils plus importants cette année ?

Ils sont toujours aussi importants mais nous n’avions pas pu descendre dans la rue l’année dernière à cause des différentes contraintes. Nous avions manifesté en 2019 pour défendre la vie avec le cas de Vincent Lambert qui était extrêmement important. La situation actuelle est très préoccupante. En effet, nous sommes en crise sanitaire de grande ampleur, mais le gouvernement et la majorité ne trouvent rien de mieux que de faire des propositions et projets de loi sur l’avortement et sur les sujets de bioéthique. Il faut s’y opposer ! Je pense que ceux-ci peuvent être repoussés par le Sénat.

Il faut que les Français prennent conscience de la gravité des lois bioéthiques, et rappeler qu’il y a un échec majeur de la politique de santé publique parce que la France a enregistré malheureusement un nombre record de 232 000 avortements en 2019. Lorsqu’on compare avec d’autres grands pays voisins comme l’Allemagne (population supérieure à la nôtre) ou l’Italie (population légèrement inférieure) et qui sont à environ 100 000 avortements par an, nous constatons que ce qui est mis en place en France n’est pas satisfaisant. Notre objectif à long terme est de trouver des solutions alternatives à l’IVG, afin d’essayer de réduire ce chiffre, car l’avortement est un drame. Or, quand nous voyons ce que fait le gouvernement, cela n’arrange pas la situation. Il est primordial de faire parvenir nos revendications aux hommes politiques et de commencer à semer des graines pour le futur.

En ce qui concerne l’avenir, quelles motivations et quels changements la Marche pour la vie compte-elle mettre en place ?

Il y a une continuité car la Marche pour la vie a été créée en 2005 et que les associations (une trentaine) sont toujours présentes au sein du collectif. Nous sommes l’aile marchande de tous ces groupes. Ensuite, j’ai été élu récemment et je compte donner une impulsion légèrement différente car j’ai une petite expérience politique (élu conseiller régional en 2015).

Lire aussi : Docteur Rochambeau : « L’avortement à 14 semaines consiste à broyer le crâne d’un foetus »

Notre objectif est de faire valoir des revendications qui peuvent être reprises sur un plan politique, avec d’abord une réaction sur les propositions et projets de loi qui arrivent au Sénat, et ensuite des suggestions que nous pouvons faire. En effet, il est intéressant de savoir que 88 % Français sont favorables à ce que les pouvoirs publics lancent une véritable prévention de l’avortement et qu’ils conduisent une étude pour analyser les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement (sondage de l’IFOP commandé par l’Alliance VITA).

La mobilisation sous forme de manifestation est-elle encore l’avenir pour le mouvement pro-vie ? Quels sont vos projets pour avoir un impact dans l’opinion publique ?

Les manifestations sont importantes car elles mobilisent et donnent une visibilité. C’est nécessaire mais effectivement insuffisant. Il faut avoir une démarche en profondeur. Des associations participent à cela : Alliance VITA, la fondation Lejeune, etc. Nous souhaitons travailler davantage avec les hommes politiques et les partis politiques, afin de faire en sorte qu’ils aillent dans notre sens et partagent notre volonté de faire baisser le nombre d’avortements. Le but est que cela soit intégré dans les programmes à la veille des élections présidentielles. En ce qui concerne l’opinion publique, il faut massivement informer qu’il est possible de diminuer le nombre d’IVG et que d’autres pays de l’Union européenne en sont capables. Nous faisons partie des mauvais élèves de la classe européenne. Il faut dire qu’il y a des choses inéquitables : l’ensemble des coûts d’un avortement est remboursé par la Sécurité sociale ; alors que la femme qui cherche à garder son enfant n’est pas suffisamment aidée. Il faut mettre en lumière les dysfonctionnements graves qui amènent à des situations catastrophiques. Le sondage commandité par l’Alliance VITA montre qu’il y a une vraie attente dans la population.

Contrairement à ce que recherchent les Français, nous ne sommes absolument pas performants. Baisser le nombre d’IVG, c’est aussi réduire les conséquences psychologiques pour les femmes. Également, l’avortement est plus pratiqué chez les personnes en situation de précarité. Des politiques d’accompagnement maternel et parental doivent être mises en place. Il n’est pas normal que les femmes choisissent d’avorter pour des raisons pécuniaires. Ce problème est aussi lié à une éducation sexuelle qui n’est pas respectueuse d’autrui. Ce travail éducatif est très important, c’est la base. L’État et la nation doivent toujours promouvoir l’accueil de la vie pour des raisons éthiques, démographiques et économiques. Mais sommes-nous prêts à faire les choses autrement ?

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