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Affaire Duhamel : quand la région Île-de-France fait l’apologie du consentement sexuel dès 13 ans

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15 janvier 2021

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Parmi les nombreuses problématiques qu’elle soulève, l’affaire Duhamel pose la question de la possibilité d’un consentement éclairé de la part d’un adolescent de 13 ans. À cette question, la région Île-de-France et son organisme associé, le Crips, répondent oui et s’en font même les apologistes.
Valoche

Avec son livre La Familia Grande, l’avocate Camille Kouchner, fille de Bernard Kouchner et d’Evelyne Pisier, a provoqué un tremblement de terre dans le milieu de la haute bourgeoisie culturelle et parisienne de gauche. L’entre-soi et l’omerta qui y règnent ont été dévoilés au grand jour, et d’aucuns ont rappelé avec justesse le lien très clair entre ces affaires de pédophilie et l’idéologie soixante-huitarde qui, dans sa hargne frénétique, a souhaité déconstruire toutes les normes sociales en tant qu’elles étaient perçues comme unilatéralement et injustement imposées par la société patriarcale.

Camille Kouchner nous apprend que la maison de Sanary-sur-Mer était le théâtre d’un exhibitionnisme sans limites. Olivier Duhamel s’exhibait nu devant les enfants et les incitait à en faire de même, les murs de la maison étaient tapissés de photos de corps nus des invités et de leurs enfants, des jeux étaient organisés au cours desquels les enfants devaient mimer des scènes sexuelles. Ces conséquences estomaquantes de la pensée soixante-huitarde sont dans la droite ligne de cette tribune datant du 26 janvier 1977, publiée par Le Monde et signée par plusieurs intellectuels dont Bernard Kouchner en personne, pour défendre la possibilité d’entretenir des relations amoureuses et sexuelles avec des mineurs.

Lire aussi : Duhamel : un zeste de gauche caviar

Au-delà de l’inceste, cette affaire pose la question du consentement. Il y a quelques jours, c’est sur ce point qu’a buté Alain Finkielkraut sur le plateau de LCI : après que David Pujadas lui a rappelé que la victime, dénommée Victor dans le livre, était un enfant d’« un enfant de 14 ans », Finkielkraut lui rétorque : « Et alors ? D’abord, on parle d’un adolescent, ce n’est pas la même chose, et en plus, même pour spécifier le crime, il faut savoir s’il y a eu consentement ». Face au tollé provoqué par ces déclarations, LCI écarte le philosophe.

La question du consentement se pose en réalité à un double niveau : la réalité ou non du consentement au moment des faits, question posée par Finkielkraut et que l’enquête judiciaire doit déterminer ; mais encore et surtout la valeur à accorder à ce consentement, quand bien même il existe. Autrement dit, dans quelle mesure y a-t-il possibilité effective d’un consentement rationnel et éclairé, dénué d’emprise, de la part d’un adolescent de 13 ans à entretenir des rapports sexuels avec un adulte ? Cette notion de consentement de jeunes adolescents n’est-il pas le meilleur alibi derrière lequel peut être maquillée l’emprise d’un prédateur sexuel ?

« Ce jeu propose aux participant·e·s de réfléchir aux normes liées au rapport sexuel et d’aborder la question de la négociation du préservatif et du consentement ». Il peut donc y avoir plein et clair consentement pour des adolescents de 13 ans, sortant à peine de l’enfance, d’après le Crips et la région Île-de-France.

Le Code pénal français est clair sur la question, et fait fi de la notion de consentement pour qualifier l’atteinte sexuelle sur mineur, qui considère comme étant un délit toute relation sexuelle, y compris consentie, entre un majeur et un mineur sexuel (la majorité sexuelle en France est établie à 15 ans). La jurisprudence n’utilise pourtant que peu cette qualification juridique tant il est difficile de considérer qu’un enfant a parfaitement conscience de ce qui est en jeu et qu’il est pleinement consentant. Il ne s’agit plus alors d’atteinte sexuelle mais d’agression sexuelle, ou de viol s’il y a pénétration.

Or, il semblerait que la région Île-de-France ait tranché la question dans un autre sens : il est tout à fait possible qu’il y ait consentement dès l’âge de 13 ans. Le Crips Île-de-France (Centre régional d’information et de prévention du sida), promoteur de la théorie du genre et à la pointe des luttes contre les « LGBTphobies », fait de plus la promotion sur son site de jeux pédagogiques visant à discuter avec les jeunes de leurs pratiques et de leurs plaisirs sexuels. Destinées aux « 13-25 ans », plusieurs activités sont à disposition : Le Manège enchanté, un plateau tournant arborant cinq pénis de tailles variées et qui doit permettre d’entraîner les jeunes à la pose du préservatif masculin ; de même La Rosine (« objet en résine souple et ferme, représentant un vagin ») pour le préservatif féminin ; enfin un jeu de carte nommé Séquence préservatif dont l’objectif est de replacer les cartes dans l’ordre chronologique de la pose du préservatif.

Lire aussi : L’affaire Duhamel n’est pas seulement une histoire de famille

Un dernier jeu est plus offensif encore, puisqu’il ne s’intéresse plus seulement à la protection durant les rapports sexuels, mais bien à la diversité des pratiques sexuelles et à la recherche des plaisirs, toujours pour les adolescents dès 13 ans. Cocktail de plaisir est un jeu de carte qui leur propose de reconstituer les différentes étapes d’un rapport sexuel en classant les cartes dans l’ordre chronologique. Disponibles en libre téléchargement, les cartes décrivent sans pudibonderie les divers stimuli sexuels. Objectif : « Ce jeu propose aux participant·e·s de réfléchir aux normes liées au rapport sexuel et d’aborder la question de la négociation du préservatif et du consentement ». Le mot est lancé, sans qu’il soit défini et sans qu’aucune mise en garde ne soit faite contre les risques de la pédophilie. Il peut donc y avoir plein et clair consentement pour des adolescents de 13 ans, sortant à peine de l’enfance, d’après le Crips et la région Île-de-France.

Le Crips est multirécidiviste en la matière. En 2014, l’élu LR et membre de Sens commun Arnaud Le Clere avait fait retirer une brochure de pédagogie sexuelle en forme de BD à l’intention des lycéens, du fait qu’elle prônait une approche « militante » et « libertaire » de la sexualité. Une suspension qui a fait hurler la gauche à l’époque. Le Crips, organisme associé à la région Île-de-France, est présidé par Jean Spiri, conseiller régional et membre du groupe Libres, Républicains et Indépendants, groupe auquel appartient également la présidente de la région Valérie Pécresse, qui ne manque pas une occasion de se réclamer du gaullisme. Imagine-t-on le général de Gaulle financer un organisme qui promeut les plaisirs sexuels à l’école et se fait l’apologiste du consentement sexuel d’enfant de 13 ans, le tout en écriture inclusive et avec des verges en plastique ?

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