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Jack Lang, toujours debout

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Publié le

18 janvier 2021

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En pleine affaire Duhamel, Jack Lang était l’invité de la matinale d’Europe 1. Soutien à Gabriel Matzneff, appel à la dépénalisation de la pédophilie, mai 68 : l’ancien ministre a répondu à toutes les questions de Sonia Mabrouk avec un aplomb déconcertant.
Jack Lang

Décidément, la pudeur n’étouffe pas la gauche. Du moins, celle qui squatte les salons feutrés du pouvoir et les fauteuils honorifiques rutilants depuis presqu’un demi-siècle. Le dernier exemple en date ? L’éternel Jack Lang, invité sur Europe 1 pour causer affaire Duhamel et pédophilie. Rien d’étonnant me direz-vous lorsque l’on voit l’apologiste de la pédophilie Daniel Cohn-Bendit avoir son rond de serviette sur tous les plateaux de télévision. Quoiqu’un peu sur la défensive – il faut dire que Sonia Mabrouk excelle lorsqu’il faut convoquer le passé de ses invités (rappelez-vous sa délicieuse interview de Bernard-Henri Lévy à propos de Cesare Battisti), l’actuel directeur de l’Institut du monde arabe confirma très rapidement que la honte s’ampute aussi bien que l’appendice.

Toujours sur l’estrade pour donner la leçon

Interrogé sur une tribune publiée en 1977 visant à décriminaliser les rapports sexuels avec des mineurs dont il était co-signataire, Jack Lang répond simplement que « c’était une autre époque. C’est une connerie, je l’ai dit. On était très nombreux à l’époque à signer ça… C’était Daniel Cohn-Bendit, c‘était Michel Foucault… C’était une série d’intellectuels, c’était l’après-68 (…) Et nous étions portés par une sorte de vision libertaire… fautive ». Tout simplement. C’est comme en 42, une autre époque également qui vit, emportés par une vision de grandeur et de pureté, une série d’intellectuels… Bref surtout pas d’amalgames, hein. On parle juste de sodomiser un petit garçon. C’est tout.

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« La loi française se contredit lorsqu’elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de 13 ou 14 ans, qu’elle peut juger et condamner, alors qu’elle lui refuse cette capacité lorsqu’il s’agit de sa vie affective et sexuelle », expliquait cette fameuse tribune pour mieux donner un alibi en béton aux prédateurs sexuels. Une pétition co-signée entre autres par Gabriel Matzneff (qui affirme en être l’auteur), Louis Aragon, Simone de Beauvoir et ô surprise Bernard Kouchner, et publiée dans Le Monde qui aujourd’hui multiplie les papiers à charge contre « ce milieu ». Un milieu d’entre-soi et de gauche, hier déconstructeur, aujourd’hui conservateur, mais toujours sur l’estrade pour donner la leçon.

Un nom qui ressort dans les affaires de pédophilie

 « Pourquoi le retrouve-t-on toujours du côté de la défense de ceux qui sont accusés et rarement de ceux qui souffrent ? » interroge Sonia Mabrouk. C’est vrai qu’il n’a pas de chance Jack Lang. Lui qui « combat en permanence l’inceste, la pédophilie », comme il l’explique très sérieusement, se retrouve en première ligne dès qu’un tripotage de braguette dans une crèche fait les gros titres. Et ça commence dès 1982 avec l’Affaire du Coral : « Il y avait même eu des perquisitions pour savoir si Jack Lang était venu au Coral, mais c’était le début de la gauche au pouvoir », déclarait François Roux, l’avocat du fondateur Claude Sigala. En 1988, rebelote, son nom ressort dans les écoutes judiciaires de l’affaire Rosella Hightower, une école de danse cannoise où un jeune Espagnol de 15 ans s’est suicidé après avoir refusé des avances sexuelles de professeurs.

Lui qui « combat en permanence l’inceste, la pédophilie », comme il l’explique très sérieusement, se retrouve en première ligne dès qu’un tripotage de braguette dans une crèche fait les gros titres

En 1991, alors ministre de la Culture, il déclare dans un entretien accordé au journal Le Gai Pied, connu entre autres pour son apologie de la pédophilie, que « la sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Au début des années 2000, un ancien ministre « se fait poisser » à Marrakech dans une « partouze avec des jeunes garçons ». Quel nom sort des petits carnets d’Yves Bertrand, l’ancien patron des Renseignements généraux (RG) ? Jack Lang. Décidément, c’est la guigne qui le pourchasse. D’autant plus qu’à chaque fois, il ressort sans poursuites, libre de tout. Il y a quelques mois, son nom se retrouve une nouvelle fois accolé à une vraie saloperie : le milliardaire pédophile et trafiquant de mineurs Jeffrey Epstein. L’objet du scandale ? Un don de la fondation Epstein de 57 897 dollars à une association gérée par des proches de Jack Lang, à l’activité inexistante et pourtant seule structure française à avoir reçu de l’argent de cette fondation.

Les temps changent

Si Jack Lang débordait naguère de compassion pour les accusés – coupables ou non – de pédophilie comme Gabriel Matzneff, Frédéric Mitterrand ou Roman Polanski, son ancien camarade socialiste Olivier Duhamel n’eut pas le droit au même traitement. « C’est une honte ce qui a été accompli par Olivier Duhamel, il n’y a pas de mot pour désigner l’inceste et la pédophilie ». Ben si justement, le mot « pédophilie », ce même mot qu’il condamnait en 1977 dans cette tribune en clamant que « trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. ». « Les temps changent », chantait Bob Dylan. « Je l’ai signée dans un contexte précis », se justifiait il y a quelque temps l’écrivain Philippe Sollers, autre signataire de la tribune.

Le contexte est aujourd’hui au sauve-qui-peut, au point que Jack affirme avec le plus grand sérieux : « Je ne fréquente pas ces milieux, je vis en dehors de tout ça ». « Mais quels milieux ? » demande Sonia Mabrouk. « Disons-le, c’est une gauche caviar parisienne, c’est un entre-soi culturel », devance la journaliste provoquant l’agacement du flegmatique Jack Lang : « Je n’ai rien à voir avec ça Madame. Je suis un homme d’action ». Plus trop, espèrent secrètement les mauvaises langues.

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