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Le féminicide est-il de droite ?

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Publié le

25 janvier 2021

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Je suis tombé sur un article de 20 Minutes, daté du 18 décembre, expliquant que « la prise d’otage de Domont se conclut par un féminicide ». Un homme a tué sa femme, avec qui il était « en instance de divorce ». Puis il s’est tué. « Le parquet a ouvert une enquête pour assassinat, tenta­tive d’assassinat et séquestration ». C’est une enquête qui devrait être assez simple – mais c’est une autre histoire.
féminicide

Je me suis rappelé ces femmes abattues à Nice, le 29 octobre, toutes les deux frappées dans une église. J’ai tapé « Nice, féminicide ». Nice-Matin m’a révélé qu’il y avait bien eu un féminicide à Nice, en 2017. Les victimes du terrorisme ne sont pas des fémini­cides. Ou pas encore. Il va falloir encore un peu de temps aux féministes pour réclamer qu’on distingue, dans les victimes du terrorisme, les femmes des hommes. Ou peut-être ces deux femmes ne sont-elles pas assez femmes parce qu’elles ont été assassinées dans une église ?

On savait déjà qu’elles valaient politiquement peu de choses, comparées à Samuel Paty, à en juger par la seule mesure de l’intensité des réactions politiques, parce qu’elles étaient catholiques, ou supposées telles, et que s’émouvoir du sort d’un catholique, en France, même assassiné par un terroriste, même s’il s’agit d’une femme, est quand même très périlleux. C’est attenter à la laïcité que de prétendre mettre sur un pied d’égalité le catholique et le citoyen lambda.

Il apparaît que c’est aussi attenter à la féminité. Peut-être n’est-on pas assigné femme par les spécialistes du fémi­nicide, militantes féministes ou journalistes aux idées généreuses, quand on témoigne publiquement d’une bizarre déviance, comme la religion catholique. De même qu’il semblerait que les Démocrates américaines sont plus femmes que d’autres quand elles sont présiden­tiables, plus femmes que Margaret Thatcher ou je ne sais quelle grande figure politique féminine.

Lire aussi : Les amers sont-ils de droite ?

Quand on ne fait pas honneur à son sexe de la bonne manière, on en est médiatiquement destitué. Il y a donc les bonnes morts féminines et les mauvaises morts féminines. Celles où on peut accuser le patriarcat et les autres. Un homme tue sa femme, c’est un féminicide. Même quand il s’agit d’un vieux monsieur qui, par une tragique erreur de juge­ment, considère qu’il est charitable de tuer sa femme impotente, voire de sceller un pacte de suicide à deux. Le féminicidoféraire (terme que j’invente à l’instant pour désigner les zélotes de la chose qui ancrent le concept à force de matraquer le mot) ne regarde pas alors au détail. Qu’un homme tue une femme, la chose est déjà plus délicate. Est-on bien certain qu’il patriarcalisait cependant qu’il assassinait ? Il ne faudrait pas se tromper de victime.

Certes, une « femme » est morte, mais était-elle vraiment femme, c’est-à-dire préalablement et essentiellement victime ? Dans le cas d’une catholique mourant dans une basilique, n’était-elle pas, d’abord, et même uniquement, l’odieux rouage d’une oppression cléricale ? Il est donc normal que les féministes consé­quentes ne comptent pas les martyres de Nice dans leur martyrologe. Le féminicide ne pleure pas la victime, il la pèse. Il ne dénonce pas une injustice, il l’annexe. Le féminicide est mesquin, cérébral, froid, calculateur et sélectif. Il est de gauche.

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