Skip to content

Enquête : Albane Gaillot, pantin des promoteurs de l’IVG

Par

Publié le

16 février 2021

Partage

La proposition de loi étendant le délai de recours à l’avortement de 12 à 14 semaines tombe à l’eau. Alors qu’elle devait être examinée en deuxième lecture ce jeudi, les députés PS, qui avaient accepté de présenter la proposition de loi d’Albane Gaillot dans leur niche parlementaire ont décidé de retirer le texte. En cause : la stratégie d’obstruction du groupe Les Républicains, qui a déposé 423 des 484 amendements. C’est l’occasion idéale pour se pencher sur le CV de la députée et le parcours du texte : elle a été l’instrument des lobbys pro-avortement. Enquête.
Albane Gaillot

Hourra ! L’allongement de l’avortement de 12 à 14 semaines n’aura pas lieu, du moins pour l’instant. Votée en première lecture, la proposition de loi proposait d’allonger l’infanticide prénatal de 16%. Par comparaison, si vous allongez 70 ans de 16%, vous arrivez à 81 ans. On ne parle pas de quelques secondes dans la vie des enfants qui seront tués. Mais ce n’est pas la seule infamie. Dans le même mouvement, l’Assemblée avait supprimé la clause de conscience spécifique à l’infanticide prénatal pour les médecins, et autorisé les sages-femmes à les pratiquer seules. Si vous êtes médecin, vous n’avez plus le droit de refuser de tuer un enfant à naître. L’infanticide prénatal n’est plus une option, il devient une obligation.

Qui a fait ça ?

Ne croyez pas une seconde que le rapporteur de la proposition de loi en soit capable. Elle se nomme Albane Gaillot. Mère de deux enfants, quadragénaire et sans aucune expérience politique, elle mène son premier mandat de député, après avoir été élue en 2017 dans la vague des marcheurs. Elle a voté contre les lois anticasseurs et pour la motion de défiance de Mélenchon. Logiquement, elle a fini par quitter En Marche en mai 2020 pour rejoindre le groupe parlementaire Écologie, Démocratie et Solidarité (EDS) fondé au printemps pour réunir des frondeurs du macronisme.

Lire aussi : Enquête : La DILCRAH, ou comment lutter contre la haine se transforme en propagande LGBT

Le 16 juillet 2020, Albane Gaillot a organisé une conférence de presse et présenté sa proposition de loi, qu’elle a qualifiée de transpartisane. Étaient présents sur scène d’autres députés d’EDS, mais aussi Erwan Balanant du MoDem et Clémentine Autain de La France insoumise. Ces gens ont sorti un texte qui modifiait 13 fois la législation. Mais cela ne leur garantissait pas de pouvoir présenter leur texte à l’ordre du jour de l’Assemblée. Pour cela, il fallait obtenir l’aval de la conférence des présidents.

Vous trouvez dans cette réunion le président et les vice-présidents de l’Assemblée, les présidents des commissions permanentes, les rapporteurs généraux de la commission des affaires sociales et de la commission des finances, de l’économie générale et du plan, le président de la commission des affaires européennes et les présidents des groupes. Ils déterminent l’ordre du jour des quatre prochaines semaines. C’est l’endroit où les chefs des députés négocient entre eux les votes du mois à venir. Or, l’article 48-5 de la Constitution dispose qu’un jour de séance par mois est réservé à un ordre du jour issu de demandes des groupes d’opposition ou minoritaires. Si vous êtes de l’opposition et voulez faire passer une proposition, vous avez un seul créneau toutes les quatre semaines pour avoir le feu vert de la conférence des présidents. Du coup, quand vous êtes un super pro, si vous voulez faire voter une proposition issue de la minorité en octobre, il faut sortir du bois quatre mois avant, à partir de juillet. EDS étant un groupe minoritaire, il a le droit qu’un de ses sujets soit inscrit à l’ordre du jour. Pour ne pas passer pour un nul, autant choisir un sujet qui va obtenir une majorité à l’Assemblée. Avec l’infanticide prénatal, c’est du gâteau. On ratisse de l’extrême gauche (Autain) jusqu’au centre gauche (le Modem). Du coup on existe.

Des organisations féministes ont fait affaire avec le nouveau groupe EDS qui avait besoin d’un succès. On a sélectionné une députée dont l’éclat n’est guère brillant. Elle a été aidée à réunir des députés de plusieurs partis de gauche

Vous commencez à voir le tableau ? Des organisations féministes ont fait affaire avec le nouveau groupe EDS qui avait besoin d’un succès. On a sélectionné une députée dont l’éclat n’est guère brillant. Elle a été aidée à réunir des députés de plusieurs partis de gauche. Les associations ont pondu les argumentaires et un texte de loi soigné. En plein confinement, elles ont préparé la conférence de presse de juillet pour viser un vote à l’automne. Et elles ont obtenu le soutien de parlementaires influents de la majorité LREM. Il y a, pour tuer les enfants de France, un vrai savoir-faire dans le lobbying. Une telle opération, étalée sur six mois, mobilise un à deux lobbyistes à temps partiel. Cela coûte moins de 150 000 euros. Le genre de montant qu’une association peut se faire subventionner par l’État au nom du droit des femmes. Pour connaître le nom des vrais coupables, allez lire les noms des associations qui ont été auditionnées par la commission des affaires sociales de l’Assemblée.

Fort heureusement donc, la proposition de loi a été écartée par la stratégie d’obstruction des LR. Victoire de courte durée : la députée en appelle le gouvernement « afin qu’il reprenne la main sur la navette parlementaire en inscrivant la proposition de loi à l’ordre du jour ». Des récidivistes, on vous dit.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest