Que s’est-il passé hier soir ?
Un petit groupe s’est réuni à 19h15 de façon très préparée et, dans un parcours bien précis, a décidé de tout casser : voitures, abris-bus, mobilier urbain. Mes premières pensées vont à ces habitants qui n’ont rien demandé à personne et qui ont vu hier leurs biens détruits et à ces familles dont les enfants ont été terrorisés. C’était quelque chose d’extrêmement organisé, avec des individus habillés de noir et masqués. Fort heureusement, il y a eu des arrestations et des défèrements sont prévus : je demande que la justice frappe dur, vite et fort. Il faut des sanctions exemplaires. Il va falloir se poser des questions au niveau national et au niveau législatif, car ce phénomène de bandes prend de l’ampleur. Une loi similaire à la loi anti-casseur, qui ferait que si vous êtes pris dans une bande violente vous payez pour l’ensemble de l’œuvre de la bande, serait de nature à réduire ces exactions à condition que les peines soient appliquées très rapidement et très durement et qu’elles répondent ainsi à la la colère des habitants.
Qu’est-ce qui a déclenché les violences ?
Il n’y a pas de revendications, ce n’était pas un mouvement d’humeur. Pour mobiliser les esprits faibles, certain ont essayé de surfer sur les événements de La Duchère et de Beauvais, mais c’est en réalité une réponse à tout ce qu’on a accompli ces dernières années et surtout ces derniers jours où on a tapé très fort sur un point de deal. Les voyous ne supportent pas qu’on leur montre que la République est partout chez elle et qu’on ne leur laisse pas les clés de la ville. Le profil de certains individus arrêtés correspond à ces voyous dérangés dans leur trafic. Il y a deux solutions : la co-gestion des quartiers avec eux, on fera couler le quartier mais on sera tranquille et on laisse les habitants sous leur coupe ; ou l’on reprend les clés du territoire et on regagne chaque centimètre carré. Ce qu’il s’est passé hier soir était une démonstration de violence et de force pour nous faire reculer. Ils sont très mal tombés : ma détermination est totale et ma colère très froide. Ce qui s’est passé hier est inadmissible et inqualifiable, je me battrai jusqu’au bout.
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Vous avez été elu en 2014 à 30 ans, vous avez été réélu en 2020 : qu’avez-vous pu faire et quelles sont les limites ?
La limite de l’exercice, c’est le temps. Le temps administratif. Il m’a fallu six ans pour décrocher le plan de rénovation urbain de 320 millions d’euro pour Rillieux-la-Pape. Et le temps qu’il soit appliqué, on en a pour dix ans. On va abattre des tours, créer de la mixité sociale en faisant passer des quartiers actuellement à 100% de logements sociaux à 50%, on refait les écoles, on a créé un cinéma, on créé des espaces sportifs et culturels… Les maires ne font pas rien. La seule chose que je dénonce, ce sont ces élus complices des voyous, qui vous expliquent qu’il faut moins de sécurité et plus d’animateurs, qu’il faut ouvrir des maisons de quartiers et qui disent à ces « jeunes » que les élus n’en font pas assez et qu’ils « doivent se faire entendre ». Un « jeune », en une semaine, touche le salaire d’un ministre de la République. Ce n’est pas en le laissant choisir l’animateur de quartier et en mettant à sa disposition une salle qu’il va lâcher le trafic de drogue. Pour être compétitif financièrement, il faudrait que le Smic soit à 4000 euros. Tout le monde sait que la réponse n’est pas là. Face à de voyous, il faut des lois dures et des peines fortes qui tombent vite. Face à des gens qui sont quasiment des sauvages, il n’y a pas à discuter, il faut montrer que la force est du côté de la République.
Face à des gens qui sont quasiment des sauvages, il n’y a pas à discuter, il faut montrer que la force est du côté de la République.
Vous parlez d’élus complices : vous visez le maire de Lyon ?
Le maire de Lyon est complètement à côté de la plaque. Il fait partie des ces gens qui ont les fesses dans leur fauteuil de cuir et vont faire des discours dans des colloques parisiens. Ils n’ont aucun sens des réalités, ils sont tellement aveuglés par leur idéologie qu’ils vous expliquent que les caméras de surveillances ne servent à rien. Je peux vous dire que sans elles, il n’y aurait eu aucune arrestation hier soir. Si ces voyous ont été interpellés et si on les fait condamner, ce sera grâce aux images des caméras. La sécurité est un sujet bien trop grave pour être traité idéologiquement.
La semaine a débuté par la dissolution de Génération Identitaire et se termine par des violences et des émeutes. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
De ma petite expérience, les extrêmes se sont toujours nourris les uns des autres. Les fondamentalistes islamistes ont besoin des extrémistes qui rejettent la diversité pour exister. Et inversement. Ils ne se combattent pas, ils sont complices. En 2010, lorsque Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale proposait la loi contre la burqa, les deux personnes qui l’ont le plus attaqué sont Jean-Marie Le Pen et Tariq Ramadan. Mon travail est de régler les problèmes, parce que lorsque vous les régler, vous tuez les extrêmes. Je veux montrer que l’action politique peut faire bouger concrètement les choses. C’est pourquoi je me suis investi dans une ville de banlieue dont je ne suis pas natif. Une chose est sûre, peut-être qu’il y aura encore des remous à Rillieux-la-Pape dans les mois et années qui viennent, cela voudra dire qu’on fait le travail parce qu’encore une fois, quand il n’y en a pas dans les quartiers populaires, ça ne veut pas dire que c’est bien gérer, ça veut dire qu’on a laissé les clés aux voyous. Je leur ai repris il y a sept ans, je ne suis pas prêt de leur rendre.





