Skip to content

Julien Aubert : « Pour moi, le cinéma c’est l’élégance »

Par

Publié le

16 mars 2021

Partage

La cérémonie des César de vendredi soir fut marquée par la prestation débridée de Corinne Masiero, qui s’est dénudée pour défendre la cause du spectacle. Un effeuillage qui n’a pas plu au député LR Julien Aubert qui, avec d’autres élus, saisit le procureur de la République pour exhibitionnisme. Entretien.
DR6

Qu’avez-vous pensé de la cérémonie des César ?

Je n’ai pas regardé la cérémonie. Je n’ai vu que des extraits le lendemain, et surtout les réactions à propos de la femme nue. Pour ainsi dire, j’ai été catastrophé par ce que j’ai vu.

L’exhibition de Corinne Masiero n’était-elle pas utile pour alerter les spectateurs et les politiques sur la situation des artistes ?

Ce sera aux juges d’en décider. Si demain vous faites la même chose, vous serez verbalisé. Là, c’est ce que je considère être de l’exhibitionnisme. Il y avait des enfants devant la télévision. Mais j’attends d’avoir l’avis du procureur.

Vous avez interpellé le procureur de la République pour « exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui ». Quel est l’objectif de votre démarche ?

L’objectif de la démarche est d’obliger la justice à faire son travail. Elle était prompte à s’auto-saisir mais ne l’a pas fait. Nous étions sur une heure de grande écoute, il y avait une femme qui se baladait nue devant beaucoup de gens. Donc de manière rigolote, nous avons pointé le fait que Canal+ s’était trompé dans la grille horaire et que normalement ces programmes étaient plus tard en crypté. Je serai heureux d’avoir l’interprétation des juges. S’ils considèrent que ce n’est pas de l’exhibitionnisme alors il ne reste plus grand-chose à faire.

Lire aussi : Lettre au cinéma français

Le monde du spectacle souffre-t-il plus de la crise sanitaire ou de son entre-soi ? Le spectacle n’était-il pas déjà coupé du peuple avant même cette crise ?

Oui, je pense qu’il est coupé parce qu’il est nourri de subventions publiques qui le rendent indépendant du public. Il y a une grande homogénéité géographique des studios et des producteurs, et ce sont donc souvent les mêmes thématiques qui sont représentées. Il y a vraiment une dimension de rééducation gouvernementale, en disant qu’on va imposer aux gens certains thèmes pour leur apprendre à être mieux. Il y a une atteinte à la diversité, car l’homogénéité politique est très grande. D’ailleurs, on retrouve tous ces gens exactement aux mêmes moments et aux mêmes endroits pendant la campagne présidentielle.

Pendant cette soirée, ils ont pris position sur des affaires judiciaires, prises de position qui ne tombent pas sous le coup de la justice. C’est pour moi la convergence communautaire et gauchiste. Il y a une prise d’otage : ce courant minoritaire impose ses idées à une heure de grande écoute. C’est une atteinte au pluralisme. Je pense que cinéma et politique font mauvais genre. Il y a beaucoup d’acteurs qui ne partagent pas mes opinions. Mais je ne leur demande pas de faire part de leurs opinions quand je regarde leurs films. On devrait faire passer le talent avant l’engagement militant !

Vous dites que le « journal du hard » est passé en clair. Observez-vous une vulgarité croissante dans le monde artistique ?

J’ai considéré que ces extraits étaient extrêmement vulgaires. D’abord, ce n’est pas drôle, et sous prétexte de faire de l’humour « moderne », on se situe en dessous de la ceinture. Donc oui, je considère cela comme extrêmement vulgaire, alors que pour moi le cinéma c’est l’élégance.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest