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Planning familial : retour au bout de l’enfer

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Publié le

6 mai 2021

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Pour le Planning familial, s’attaquer aux enfants avant leur naissance ne suffit plus. Avec la campagne #MonEducSex, il viole désormais leur inconscient par des séances « d’éducation à la sexualité » dès l’école primaire. Au programme : sexualité prépubère, théorie du genre et polyamour dans la cour de récré.

En septembre dernier, prétextant à nouveau de la pandémie, le Planning familial lançait une campagne « d’éducation sexuelle et affective » à destination des jeunes, y compris des enfants. Sur la page Facebook du mouvement, on peut lire les récits de ces séances « d’éducation à la sexualité » animées par des militants du Planning, dans des classes de primaire et de collège : « En animation scolaire, une des choses que j’adore, c’est échanger autour des dessins des sexes : en général, c’est la grande surprise et des filles et des garçons, et je trouve ça dingue ! Pour moi, c’est un outil incroyable pour parler de sexualité. On parle de sexualité, de désir, avant même de parler d’IST, de protection, c’est ça que j’aime dans l’approche du Planning ».

Lire aussi : Planning familial : enquête en eau trouble

Certaines séances se font par des mises en situation. « Les jeunes sont invité.e.s à s’imaginer: Ils.elles sont avec la personne de leurs rêves. Ils.elles se caressent, s’embrassent, se déshabillent. L’ambiance est complice, intime. Le désir monte, quand tout à coup l’un.e des deux partenaires dit “je ne veux pas aller plus loin” ». Et l’animatrice de préciser : « On fait aussi des séances avec des plus jeunes, parce qu’il n’est jamais trop tôt pour échanger sur les émotions, les notions de plaisir et de consentement, encourager les enfants dès le plus jeune âge à être à l’écoute d’elles et d’eux-mêmes. […] Je me souviens d’élèves de CM2 qui ont dit à la fin d’une séance : “on a pu dire ce qu’on ressent sans être jugé”, “ça nous apprend à mieux vivre ensemble” ». À quand des séances de travaux pratiques pour initier les élèves de CP à l’onanisme ?

Nous avons contacté deux psychologues pour enfant, qui dénoncent ces séances. Pour Marie, cette manière totalement impudique d’introduire des concepts liés à la sexualité adulte auprès d’enfants peut même s’apparenter à un viol mental : « Un enfant, même s’il a une sexualité, n’est pas en mesure de la comprendre, car son néocortex (qui lui sert à accueillir et analyser les émotions) n’est pas encore suffisamment développé. C’est pour cette raison que ce domaine lui est en principe interdit, d’où la phrase que tous les enfants entendent : “Ce n’est pas de ton âge”. Ce genre de propos, d’images, assénés aux enfants, peut gravement nuire à la période dite de “latence”, où l’enfant laisse de côté la sexualité pour se concentrer sur les apprentissages. Encourager un enfant à découvrir la sexualité, c’est provoquer des surstimulations qui, ne pouvant pas être intégrées, peuvent engendrer un traumatisme ».

« C’est à l’enfant de poser des questions, et certainement pas à l’adulte d’aller au-devant de celles-ci. Le risque étant de heurter sa sensibilité et d’en faire un adulte soit inhibé soit complètement désinhibé »

Pour Célia, la seconde psychologue, il faut respecter le rythme de découverte de l’enfant : « C’est à l’enfant de poser des questions, et certainement pas à l’adulte d’aller au-devant de celles-ci. Le risque étant de heurter sa sensibilité et d’en faire un adulte soit inhibé soit complètement désinhibé. Ce que Freud appelle la pulsion épistémophilique de l’enfant, vient justement du fait qu’il ne sait pas. Moins il en sait, plus il va penser, plus il va chercher, il va devenir un petit chercheur. Et donc, plus on donne des explications, plus on enlève le mystère de la vie amoureuse et sexuelle et plus on abrase ce qui fait levain dans la vie psychique de l’enfant ».

Toujours sur la page Facebook du Planning, un militant explique comment il fait mimer des postures censées représenter le consentement, notamment à des enfants de 9 ou 10 ans, avec un jeu de rôle « sculpteur / sculpté » : « J’ai proposé pendant des animations l’outil “Statues du consentement”. Pour commencer, on crée des binômes, l’un.e va prendre le rôle de sculpteur.rice, l’autre de sculpture. Si des personnes ne sont pas à l’aise avec l’animation, elles peuvent participer en regardant. […] Les scultpeur.rices échangent avec les sculpté.es pour savoir s’ils sont d’accord pour être “manipulé.es” avec un contact physique ou s’ils préfèrent des indications orales pour former la sculpture ». Célia (psychologue) se dit stupéfaite de cette pratique : « Qu’est-ce que c’est que cette manière d’objectiser l’enfant ? L’enfant n’a-t-il pas la capacité de s’exprimer oralement ? Cette “animation”, c’est presque de la séduction ».

Mais la palme du malaise revient à ce nouveau slogan, diffusé sur les réseaux sociaux : « Savoir que j’ai le droit de jouer dans la cour de récré c’est bien. Savoir que j’ai le droit d’avoir plusieurs amoureux.ses aussi »

Dans la même publication, le militant explique sa méthode de lutte contre les représentations corporelles homme/femme : « Il y a 6 mois, j’avais animé une séance en partenariat avec un centre social, où une des jeunes [collégiennes] semblait dubitative devant nos planches anatomiques “non-binaires” ». Esther Pivet dans son ouvrage Enquête sur la théorie du genre (Éd. Artège) démontre les ravages de cette idéologie, promue par l’Éducation nationale, sur les enfants et les adolescents. Mais la palme du malaise revient à ce nouveau slogan, diffusé sur les réseaux sociaux : « Savoir que j’ai le droit de jouer dans la cour de récré c’est bien. Savoir que j’ai le droit d’avoir plusieurs amoureux.ses aussi ». Accompagné de l’explication : « Qu’on soit enfant ou adulte, il est possible de changer souvent d’amoureux.ses, ou d’avoir plusieurs amoureux.ses en même temps. […] Plus de personnes, plus d’amour, c’est aussi plus de bonheur, de câlins… ».

Le principe de l’éducation est précisément d’apprendre à l’enfant à renoncer à ses diverses pulsions, à faire des choix. Or par cette promotion du « polyamour », le Planning ne cherche en réalité qu’à imposer une exception comme une norme. Et quoi de mieux pour le faire, que de commencer la propagande dès l’école primaire, afin de normaliser chez les enfants le panorama LGBTQIA+ des relations amoureuses. Mais la recherche de transgression étant le propre de l’adolescence : que se passera-t-il quand les enfants, surstimulés sexuellement, « non-binaires » et « polyamoureux.euses », voudront transgresser ces #MonEducSex / DR nouvelles normes progressistes ?

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