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Semaine cinéma : ce qu’il faut voir et fuir

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Publié le

16 juin 2021

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Une attaque de sauterelles, un médecin de nuit, Deux Alfred ou des bestioles à l’ouïe très sensible : que faut-il voir ou fuir cette semaine au cinéma ?

Médecin de nuit de Elie Wajeman avec Vincent Macaigne, Sara Giraudeau, Pio Marmai

Mikaël est médecin de nuit. Il soigne des patients de quartiers difficiles, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes. Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, entraîné par son cousin pharmacien dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex, sa vie est un chaos. Mikaël n’a plus le choix : cette nuit, il doit reprendre son destin en main. Conduit comme un contre-la-montre dans le Paris des invisibles, Médecin de nuit se déguste comme un engrenage à la mécanique parfaitement huilée, haletant et suffocant, porté par un Vincent Macaigne d’une densité impressionnante.


La Nuée de Just Philippot avec Suliane Brahim, Sofian Khammes et Marie Narbonne

Avec La Nuée, Just Philippot nous embarque sur un tout autre terrain: le film de genre. L’histoire de Virginie, mère célibataire qui pour sauver sa ferme se lance dans le business de sauterelles comestibles et développe avec elles un lien étrange. Écriture précise, mise en scène brillante et une actrice, Suliane Brahim, exfiltrée de la Comédie française, tout en intensité, La Nuée, à la fois réaliste et fantastique, surprend par sa maîtrise qui n’a rien à envier aux maitres du genre.


5ème Set de Quentin Reynaud avec Alex Lutz, Ana Girardot et Kristin Scott Thomas

À presque 38 ans, Thomas est un tennisman qui n’a jamais brillé?. Pourtant, il y a 17 ans, il était l’un des plus grands espoirs du tennis. Mais une défaite en demi-finale l’a traumatisé et depuis, il est resté dans les profondeurs du classement. Si ce 5ème set souffre de quelques maladresses inhérentes à un premier film, l’ensemble touche par ce portrait très juste d’un sportif qui ne veut rien lâcher. Le tout porté par un Alex Lutz magistral.


Sans un bruit 2 de John Krasinski avec Emily Blunt, Cillian Murphy et Millicent Simmonds

Après les événements mortels survenus dans sa maison, la famille Abbot doit faire face au danger du monde extérieur. Pour survivre, ils doivent se battre en silence. Forcés à s’aventurer en terrain inconnu, ils réalisent que les créatures qui attaquent au moindre son ne sont pas la seule menace qui se dresse sur leur chemin. Tension parfaitement maîtrisée et mise en scène travaillée, au service d’une histoire qui traite finement les thèmes de l’hérédité et du passage de l’enfance à la maturité : enfin un numéro deux aussi bon que le premier.


Sound of Metal de Darius Marder avec Riz Ahmed, Olivia Cooke et Lauren Ridloff

Ruben et Lou, ensemble à la ville comme à la scène, sillonnent les États-Unis entre deux concerts. Un soir, Ruben est gêné par des acouphènes, et un médecin lui annonce qu’il sera bientôt sourd. Désemparé, et face à ses vieux démons, Ruben va devoir prendre une décision qui changera sa vie à jamais. Profondément émouvant, ce film est conçu comme une expérience immersive dans l’univers de la surdité doublée d’une plongée intimiste et déchirante dans la relation amoureuse entre un ancien héroïnomane et une jeune femme issue d’un milieu aisé.


Il n’y aura plus de nuit d’Eléonore Weber avec Nathalie Richard

Des images provenant d’hélicoptères sur le théâtre des opérations. L’œil insatiable des pilotes scrute le paysage. Les hommes qui sont visés ignorent qu’ils le sont, ils n’ont pas repéré d’où venait la menace. L’intervention a lieu sous nos yeux. Celui qui filme est également celui qui tue. Film concept, il faut faire l’effort d’entrer dans ces compilations d’images d’archives, de se laisser enfermer dans le cadre étriqué d’un viseur et de se laisser porter par cette voix off. Une fois l’œil habitué, l’expérience devient fascinante et nous questionne sur l’angoisse d’un monde où l’obscurité n’existe plus. Un monde où chaque être humain devient aussi peu important et faible qu’un vers de terre.


Les 2 Alfred de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Sandrine Kiberlain et Bruno Podalydès

Alexandre, chômeur déclassé, a deux mois pour prouver à sa femme qu’il peut s’occuper de ses deux jeunes enfants et être autonome financièrement. Problème : The Box, la start-up très friendly qui veut l’embaucher à l’essai a pour dogme « Pas d’enfant ! », et Séverine, sa future supérieure, est une « tueuse » au caractère éruptif. On aime le cinéma de Bruno Podalydès. À la fois drôle, farfelue, poétique et tragique, l’ainé des frères s’est construit une filmographie solide et s’est façonné un style singulier reconnaissable dès les premières minutes des 2 Alfred. Mais cette fois-ci, l’ensemble reste bancal. Les idées fourmillent mais manquent de liens entre des scénettes trop inégales, et dans une satire amusante contre l’ultralibéralisme déshumanisant, les personnages manquent étonnamment de chair.


Un homme en colère de Guy Ritchie avec Jason Statham, Jeffrey Donovan et Josh Hartnett

Un convoyeur de fond fraichement engagé surprend ses collègues par l’incroyable précision de ses tirs de riposte alors qu’ils subissent les assauts de braqueurs expérimentés. Tous se demandent désormais qui il est, d’où il vient et pourquoi il est là. Remake du bon Convoyeur (2004) de Boukhrief avec Albert Dupontel, la nouvelle production de Guy Richie confirme la perte d’inspiration du réalisateur de Snatch depuis de longues années. Aussi fin et plaisant qu’un combat de boxe d’obèses paraplégiques.

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