La fille aînée de l’Église fut parée de monuments splendides témoignant de sa foi. La grande sœur des Révolutions en brûla une partie et on oublie souvent l’ampleur des saccages et des profanations que commirent les amis du genre humain entre deux salves d’exécutions sommaires. Mais c’est aussi en raison de ce vertigineux gâchis que la France du XIXe siècle inventa une politique efficace de défense du patrimoine, laquelle lui permet encore aujourd’hui d’éblouir ses habitants et ses visiteurs. Il serait pourtant bien illusoire de croire éternels ces paysages architecturaux.
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D’abord, parce que privées de fonction par manque de fidèles, les vieilles églises au cœur d’antiques villages, même si elles incarnent une idée atemporelle du pays, ne pourront pas être toutes préservées de la destruction. Ensuite, en raison de la modification de la population produite par les dernières vagues d’immigration massive. Car si les Français de sang, même post-chrétiens, conservent en général un lien affectif avec ce patrimoine, il est peu probable que cet ultime attachement perdure avec des nouvelles générations où domineraient des origines extra-européennes.
La domination symbolique du christianisme dans l’espace public finira à son tour par s’effacer, si rien n’est fait pour ré-évangéliser l’Europe
En effet, la question de la gestion patrimoniale implique autant les testateurs que les héritiers, lesquels effectuent toujours un tri parmi les legs. « Rien ne garantit qu’une fois arrivées aux commandes, ce qui est démographiquement inéluctable, des populations issues d’histoire, de cultures et de religions différentes des nôtres acceptent et conservent les priorités patrimoniales que nous nous sommes fixées », affirme ainsi Jean-Michel Leniaux, ancien consultant de l’UNESCO pour le patrimoine. La domination symbolique du christianisme dans l’espace public finira à son tour par s’effacer, si rien n’est fait pour ré-évangéliser l’Europe.





