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Claire Koç : Gauloise brune

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Publié le

2 août 2021

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Le prix de l’assimilation, Claire Koç le connaît. Cette journaliste d’origine turque a choisi de se fondre pleinement dans le pays qui l’a accueillie et qu’elle aime passionnément. Choisir c’est renoncer et la voilà qui change de nationalité, de prénom et même de religion, quitte à en payer le prix fort. Une Française digne de ce nom qui défend sa patrie, face à ceux qui voudraient l’assigner « à résidence identitaire ».
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Claire Koç aime la France. Passionnément. Fille d’immigrés turcs, ses yeux s’embuent lorsqu’elle parle de sa patrie d’adoption. La trentenaire, journaliste à France Info, raconte, dans un livre bouleversant, Claire, le prénom de la honte (Albin Michel), son chemin de croix pour s’assimiler à la France. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par la France », explique-t-elle. 

Née en 1983 en Turquie dans une famille modeste de confession alévie, ses parents émigrent en France l’année suivante. Après un passage à Rennes, la famille Koç s’installe dans la banlieue de Strasbourg à la fin des années quatre-vingt. Le quartier de la Cité nucléaire est classé « sensible ». Comprendre : quartier multiculturel avec une forte majorité de populations immigrées de culture, si ce n’est de religion, musulmane. Et une forte communauté turque. C’est là que la jeune Çigdem, de son prénom d’origine, grandit.

Adieu Çigdem, bienvenue Claire. La réaction de ses proches est violente. Insultes, crachats, mépris, et enfin, rupture : sa famille la renie, et ne veut plus entendre parler d’elle

Si durant quelques années, ses parents semblent essayer, à défaut de s’assimiler, au moins de s’intégrer, le tournant des années 90 marque une rupture. L’arrivée dans le foyer familial d’une antenne parabolique captant les chaînes télévisées turques déclenche le repli communautaire des parents de Çigdem. Désormais, à la maison, comme en dehors, il faut vivre à la turque le plus possible, et se tenir à distance des Gaulois, ces mécréants. 

Seulement, Çigdem Koç aime la France, rêve de France, se sent française, tout simplement, bien loin des tiraillements identitaires de ses parents ou de beaucoup d’immigrés. En classe, elle se découvre une passion pour l’histoire de notre pays, pour ses grands hommes, sa littérature, sa liberté incroyable et inconcevable pour des Turcs déjà en voie de réislamisation. Peu à peu, Çigdem tombe amoureuse de la France, et commence à suivre un chemin diamétralement opposé à celui de sa famille : l’assimilation. Elle ne désire plus, en secret, que manger, parler, vivre, s’habiller et respirer la France, comme une Française.

En 2006, devenue journaliste, elle saute le pas, demande sa naturalisation. Et choisit un prénom français et chrétien. Adieu Çigdem, bienvenue Claire. La réaction de ses proches est violente. Insultes, crachats, mépris, et enfin, rupture : sa famille la renie, et ne veut plus entendre parler d’elle. C’est de là que lui vient son intransigeance sur l’assimilation : « Il faut aimer la France. Peu importe d’où l’on vient, la France nous donne cette chance incroyable de devenir l’un des siens, pourvu qu’on adopte sa langue, ses valeurs, son histoire magnifique, sa civilisation. Toutes choses que les bien-pensants détestent ! ».

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Car Claire Koç ne subit pas seulement le rejet de sa famille ou d’autres immigrés qui l’insultent et la menacent de mort régulièrement sur les réseaux sociaux. Elle doit faire également face à ceux qu’elle appelle les bien-pensants, soit cette gauche bourgeoise multiculturaliste qui vénère la diversité, tant que celle-ci reste étrangère et méprise la France. « C’est de l’assignation à résidence identitaire : ces gens adorent les immigrés, pourvu qu’ils le restent et ne deviennent jamais Français ! » s’indigne la journaliste. 

Claire Koç « aggrave » encore son cas : fascinée depuis toujours par le christianisme, elle choisit de se faire baptiser dans le catholicisme. « J’ai toujours aimé les églises. Quand j’étais petite, souvent, en rentrant de l’école, je m’arrêtais pour y entrer. Les portes étaient toujours ouvertes, et cela rendait le lieu très accueillant », se souvient-elle, très émue. À l’évocation de sa foi nouvelle, la jeune femme ne peut s’empêcher quelques discrètes larmes. « L’amour de la patrie est la première vertu de l’homme civilisé », écrivait Napoléon Bonaparte. Claire Koç, elle, est résolue à continuer à clamer sa gratitude envers la France. Et à l’aimer. Quoi qu’il lui en coûte.

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