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Et revoilà la « sous-préfète » !

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Publié le

13 août 2021

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Il faudrait désormais parler de « sous-préfète » pour désigner une femme nommée sous-préfet. En plus d’une assignation au sexe biologique pas très « inclusive », cette nouvelle mode feint de ne pas comprendre que le masculin est utilisé pour marquer l’indifférence juridique des fonctions.
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Le ridicule ne tue pas. Avec les auteures et les docteures, la lettre e était devenue une bombe sexuelle comme, jadis, le bikini sur l’atoll du même nom. Avec les sous-préfètes, un degré supplémentaire est franchi dans l’égalité sexuelle des droits de la langue. Égalité d’autant plus cocasse que la mode est de refuser l’assignation à son sexe biologique.

C’est en vain que l’Académie française aura rappelé, depuis 1998, que si la féminisation des noms de métier se fait aisément par l’usage, en revanche, doit être impérativement respectée l’indifférence juridique conférée par le genre masculin dans la réglementation, dans les statuts et pour la désignation des fonctions. Ce n’est pas, en effet, Madame X qui signe une circulaire mais le ministre qui, pour un temps, se trouve être une personne de sexe féminin. Mais la circulaire restera en vigueur alors même que Madame X ne sera plus titulaire du portefeuille. Nous ne reviendrons pas sur cette guerre idéologique. Contentons-nous de dire que, si vous êtes, pour votre élève, la professeur du collège Brassens, vous n’êtes ni professeure de collège ou de médecine, ni recteure d’Université, ni procureure de la République.

Lire aussi : Écriture inclusive : les débuts d’une contre-attaque ?

Mais comment désigner nos femmes ? Gendarmette a fait long feu. Le mot ministre est un miracle. Las ! Faites suivre la préposition « sous » du mot préfète et vous avez une sonorité cocasse qui fait apparaître un sens ancien du mot, comme en témoigne la scène « culte » d’un film : « Alors que revoilà la sous-préfète. » Pourquoi ne pas dire simplement : « Madame X, sous-préfet de Vezoul-en-Brie ? » D’autant que préfet étant un mot masculin du lexique, lui ajouter un appendice engendre une difficulté : les interférences entre sexe, genre, identité, ressenti. « Qui vous dit que je suis un homme ? » dira un préfet dont le ressenti est féminin. Le genre grammatical n’est pas le sexe. Cela devrait être une évidence, non ? Tout comme finesse et élégance. Une générale (adjectif substantivé) est une répétition générale d’un spectacle. Jusqu’à présent, tout au moins.

On connaît le vers d’Apollinaire : «  Belle clarté, chère raison ». Comme on en est loin ! Le site du ministère de la Fonction publique publie la liste des nouvelles sous-préfètes. À quand les sapeuses-pompières dont le nombre devient exponentiel ? Quelle fierté républicaine représenterait cette féminisation ! Le mot « sapeur » qui désigne un soldat de l’arme du génie, s’il était féminisé, ne témoignerait-il pas de cette équivalence chère à notre secrétaire d’État à l’Égalité, affairée, pour l’heure, à supprimer « les tabous menstruels » ?

En janvier 2021, Amélie de Montchalin a lancé un plan de 100 milliards d’euros, dédié aux « sous-préfets de la relance » afin qu’ils prennent les décisions au plus près du terrain, en omettant d’y associer – c’est énorme ! – « les sous-préfètes ». En 2012, la Cour des Comptes avait épinglé « ce machin inutile » créé par Napoléon qu’est le corps préfectoral. Il est vrai qu’en 1800, il n’y avait pas de femmes au tricorne bleu tressé de feuilles de chêne et d’olivier. Et que Napoléon – toujours lui – était un sacré macho.

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