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Renaud Camus : « Les éoliennes sont l’emblème de l’abomination totale »

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Publié le

17 août 2021

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Célèbre pour avoir théorisé le Grand remplacement, Renaud Camus est aussi un adversaire acharné des éoliennes, dont il considère qu’elles sont antiécologiques car insensibles à la beauté du Monde. Entretien.

La suppression des éoliennes en France figure en deuxième place de votre programme de non-candidature 2022 : pourquoi ce thème vous tient-il tant à cœur ?

Je crois que c’est tout à fait essentiel, parce que c’est une atteinte au paysage tellement gigantesque, que c’en devient une attaque à l’être, à la façon d’habiter la Terre. Et c’est le contraire de l’écologie que de procéder ainsi, au nom de l’écologie, sinon à la destruction, au moins à l’enlaidissement massif de la Terre ; et de cette façon tellement humiliante pour l’homme avec quelque chose qui n’est pas à sa dimension, qui l’écrase partout, qui lui donne le sentiment qu’il est partout diminué, écrasé, qu’il n’a même plus le contact avec les hauteurs, les sommets.

Vous condamnez la multiplication des parcs éoliens en France, et déclarez : « Nous sommes les seuls écologistes conséquents ». En quoi est-ce être un meilleur écologiste ?

Je crois que ce n’est absolument pas être un écologiste conséquent que de construire un monde infernal et hideux. Une écologie qui ne prend pas en compte la beauté ne peut pas être une écologie. On est écologiste pour défendre la Terre, la planète, l’agrément qu’il peut y avoir à y vivre pour tout le monde. C’est une écologie totalement en contradiction avec elle-même et avec les principes qu’elle affiche.

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C’est une écologie qui ne pourrait donc durer ?

C’est une écologie qui peut durer, en détruisant le monde. C’est une sorte de réglementation de l’enfer. Sous prétexte d’éviter un enfer, c’est l’élaborer. Nous ne réclamons pas un aménagement de l’enfer, nous réclamons la fin des démons. Il en va d’ailleurs ainsi sur bon nombre d’autres points, comme lorsque le gouvernement promet qu’il va construire partout des prisons, et qu’il va mettre des caméras partout. Personne ne rêve d’un monde où il y aurait partout des prisons et des caméras. C’est une réglementation de l’enfer.

Vous faites un parallèle entre « industrialisation du paysage et de l’espèce » : qu’entendez-vous par cette notion ?

C’est lié à mes vues sur le remplacisme global, où je vois s’élaborer le totalitarisme actuel, qui réduit l’homme non plus seulement à la fonction de consommateur, mais aussi à la fonction de produit, d’objet, qu’on peut délocaliser à Bercy. Les éoliennes sont le symbole et l’emblème de cette abomination totale s’abattant sur l’espèce qui est réduite et écrasée, par ces gigantesques oriflammes, qui se dressent entre elle et le ciel.

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