Plume acerbe, le prince Orhan Osmanoglu a publié, le 19 août, une violente diatribe anti-américaine dans le quotidien Ogün Haber. Accusant les États-Unis de manipuler l’opinion depuis les attentats du World Trade Center perpétrés en septembre 2001 pour imposer un « nouvel ordre mondial islamophobe ».
« [Oussama] Ben Laden n’a rien à voir avec l’attentat qui a détruit les tours jumelles. Et il n’en a jamais été capable. On sait que les USA et la CIA l’ont aidé contre les Russes. Malgré cela, les États-Unis n’ont pas apprécié qu’il forme avec les Talibans un gouvernement. Puis, curieusement, on a eu cet incident [contre le World Trade Center] et ils ont décidé de lui faire payer cette facture. Ben Laden n’était qu’une marionnette entraînée par les États-Unis, qui a été ensuite exécutée lorsqu’il a terminé son travail ». La charge est violente et flirte avec les théories du complot. Chantre du panturquisme, une idéologie qui a pénétré le gouvernement turc, le prince Orhan Osmanoglu n’a pas hésité à affirmer publiquement que Washington avait organisé la destruction des deux tours avec l’aide de son allié saoudien afin de cacher des activités illégales : « L’Afghanistan est l’arrière-cour des États-Unis où les millions de dollars de la CIA ont été introduits clandestinement dans le pays à partir du trafic de la marijuana et de la contrebande. Les États-Unis ne veulent pas perdre cela », poursuit avec assurance le Sehzade qui fustige le « vrai-faux » retrait américain de ce pays où bien des empires se sont cassés les dents. Un prince qui rappelle que les Américains sont toujours en Syrie, un pays-frère, en dépit de leur annonce de se retirer.
Lire aussi : Pakistan et Turquie : Les réseaux de l’islamisme en France
Le descendant de Mehmet II ne mâche pas ses mots et évoque une « magouille à grande échelle » : « Les États-Unis sont partenaires de l’Arabie saoudite. Partenaires dans le pétrole, partenaires dans le gaz, partenaires dans l’industrie de l’armement : en somme, l’Arabie saoudite est partenaire de tous les mauvais plans des USA ».
Ce n’est pas pour autant qu’Orhan Osmanoglu donne un blanc-seing aux Talibans : « Ce que les talibans font actuellement au nom de l’islam en Afghanistan n’a rien à voir avec notre religion ou la charia. Ils réduisent les femmes au simple rang de concubines, les emprisonnant dans leurs maisons, les battant, affirmant respecter les saintes écritures du Coran alors qu’ils n’en connaissent pas une ligne. Tout en essayant de se présenter comme une société civilisée ». Pour lui, la véritable pratique de la foi islamique se trouve en Turquie, pays de paix et gage de moralité : « Nos ancêtres, qui ont apporté la civilisation, la miséricorde, la justice, l’esthétique, la culture, l’art et l’humanité sur les terres qu’ils ont conquises, ont vécu l’islam sous sa meilleure forme. Aujourd’hui, ils [les occidentaux, Ndlr] ont peur que cet islam domine à nouveau le monde. (…) L’Union européenne a elle-même reconnu que d’ici 2050, la population musulmane en Europe sera de 60%. Faisons confiance à Dieu ! »
Suivi par 50 000 personnes sur les réseaux sociaux, Orhan Osmanoglu n’en est pas à son premier essai. Il a récemment accusé les Français d’avoir organisé le génocide rwandais et d’avoir contribué à la mort de millions de personnes dans l’Afrique des Grands Lacs. En juin 2019, le Sehzade avait même fêté à sa manière la victoire de la Turquie sur la France en éliminatoires de l’Euro 2020, en publiant un photomontage d’une Tour Eiffel illuminée des couleurs nationales de la Turquie. « L’histoire turque est pleine de victoires et je crois de tout cœur que son avenir sera de nouveau plein de victoires. Nous vivons une période de transition. J’espère qu’un jour viendra où les prochaines générations pourront la ressusciter et la magnifier de nouveau » a déclaré ce royal influenceur, qui s’est félicité de voir la basilique Sainte Sophie devenir enfin une mosquée.





