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Continuer de boire sans (trop) grossir l’été

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Publié le

13 juillet 2026

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Désireux de renseigner ses lecteurs sur ce point crucial, L’Incorrect a consulté un œnologue dûment estampillé et vous livre ses bons conseils pour continuer de boire cet été sans détruire votre summer body.
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Commençons par la mauvaise nouvelle, celle qu’aucun vigneron, fût-il bio, gauchiste ou bénédictin, ne pourra vous épargner : l’alcool qui ne fait pas grossir n’existe pas. L’éthanol pèse environ 7 calories par gramme, soit près du double du sucre (4 kcal/g). Votre verre est donc une petite bombe énergétique, et aucune étiquette « vin de soleil » n’y changera rien. Reste qu’entre deux bombes, certaines sont plus discrètes. Tout se joue sur deux paramètres : le degré d’alcool et le sucre résiduel. Plus un vin titre haut, plus il sucre, plus il alourdit l’addition. Un vin nature à 15° fera ainsi davantage grossir qu’un conventionnel à 11° : le label n’a jamais réécrit les lois de la fermentation.

La barrière des 15 degrés. Bonne nouvelle pour les amateurs de bulles : les levures qui transforment le sucre en alcool s’asphyxient et meurent au-delà de 15°. Un vin, un cidre ou une bière ne peuvent donc pas, par la seule grâce de la nature, franchir ce plafond. Pour aller plus haut, il faut distiller – concentrer l’alcool en évaporant l’eau. C’est là que naissent whiskies, gins et vodkas, soit le sommet du tableau calorique.

Le palmarès des innocents. Au firmament de la vertu : le champagne et les blancs secs et nordiques – riesling d’Alsace, muscadet, vins de Loire. Plus un vin est sec et septentrional, moins il titre, moins il pèse. Viennent ensuite les rosés de Provence, vendangés en sous-maturité pour rester légers, puis les rouges fins de Bourgogne, dont le pinot noir titre plus sagement que le cabernet ou le merlot bordelais.

Lire aussi : Le feu dans le cœur : la vogue des sauces piquantes

Le banc des accusés. Tout en bas de l’échelle : les vins doux naturels (muscats, rivesaltes) et les liquoreux. Un sauternes, c’est environ 150 grammes de sucre par litre – sublime, mais redoutable pour la ceinture. Et le grand champion de l’obésité reste le cocktail, qui cumule le pire : le sucre du soda et l’alcool fort d’un spiritueux distillé. Le combo parfait. Un mot pour la bière : moins alcoolisée qu’un whisky, elle fait moins grossir… mais son côté pétillant gonfle, d’où le fameux « ventre à bière », privilège discutable de ces messieurs.

Et madame ? Mêmes lois de la nature, mais pas même physiologie. À gabarit souvent plus léger et à composition corporelle différente, une femme affiche, à dose égale, davantage d’alcool dans le sang qu’un homme. D’où ce tendre réflexe conjugal du 31 décembre – laisser madame conduire – qui relève moins de la galanterie que de l’optimisme en matière de points de permis.

Le French Paradox, notre absolution. Comment expliquer que la France, patrie du foie gras, des 365 fromages et de la baguette quotidienne, demeure plus mince que ses voisins ? Parce que nos amis d’outre-Rhin et d’outre-Atlantique troquent le vin contre la bière, la baguette contre le pain de mie et l’eau contre le soda. Comme le résumait George Bernard Shaw, « le vin ordinaire, c’est l’eau potable des Français ».

Alors oui, le vin fait grossir. Mais Louis de Funès rappelait que le canon, « ce n’est pas que du pinard, c’est aussi de l’amitié », et Rabelais que « jamais homme noble ne hait le bon vin ». Buvez bourguignon blanc, buvez sec, buvez entre amis : votre tour de taille y perdra peu, et votre moral y gagnera beaucoup. 

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