Votre serviteur est dangereux. Il est suspecté, inspecté, ausculté, évalué, jugé par la police politique qui sévit sur les zéros sociaux. Quand on tente de se connecter à son compte, apparaît une cruelle mention : « Attention : ce profil pourrait comporter des contenus sensibles. Cet avertissement s’affiche car ce compte tweete des images ou propos potentiellement sensibles. Souhaitez-vous quand même le voir ? »
Que pourriez-vous découvrir de si dangereux sur mon compte Twitter que vous ne sauriez pas déjà ? Que la France est un bordel à ciel ouvert ? Des extraits d’ouvrages des temps jadis ? Des relais d’articles de L’Incorrect ? De quoi sans aucun doute provoquer la subversion de la jeunesse, la radicalisation des boomers les plus respectueux de l’ordo macronius, ou, c’est bien plus grave, les pleurs des plus sensibles d’entre les victimes du patriarcat, traumatisés par les plaisanteries oppressives du grand phobe réactionnaire que je suis.
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Récemment, dans un même ordre d’idées, Facebook proposait de balancer ses amis susceptibles d’être attirés malgré eux vers des « contenus haineux » – genre photos de dossiers du Nouveau Détective avec analyse de Michel Marie ou reportages de Michael Kael à Groland. Quid, toutefois, des contenus dégueulasses qu’on peut trouver très facilement en utilisant la barre de recherche de Twitter ou Facebook ?
Quid du porno sous toutes ses formes ? Quid des supermarchés numériques de la drogue ? Quid du rap gangsta ? Les avertissements de Dorsey et Zuckerberg ne vaudraient-ils que pour nous autres babtous conditionnés par Trump, CNews ou Zemmour ? Car nous sommes incapables de réfléchir et de nous émanciper. Incapables de nous affranchir de nos préjugés de beaufs abrutis par l’absorption de litres de bière tiède, sortes de hooligans de la pensée interdits des arènes de débats





