Facebook et sa censure sont un vaste et tentaculaire sujet : le réseau social est un outil de propagande aussi puissant que dangereux. On a pu le constater lorsque des comptes de militants nationalistes ont été supprimés. On s’est alarmé lorsque les « médias de vérification » ont été annoncés : des médias chargés de prévenir si une information postée sur le réseau n’est pas une « fake news ». Tous de gauche, bien entendu, dont les exemples de désinformation sont trop nombreux pour être cités.
Ensuite, il y a la modération de Facebook. Si la loi Avia n’a pas été votée en France, en pratique, elle est déjà appliquée sur Facebook : les centres de modération, notamment pour les pays francophones, sont situés au Maroc. D’où une certaine tendresse à l’égard des signalements visant les commentaires islamistes ou les appels au meurtre des blancs. Plus inquiétant, Facebook s’est doté en mai d’une « cour suprême » qui peut décider à la place de Mark Zuckerberg des contenus publiés sur le réseau.
Les centres de modération, notamment pour les pays francophones, sont situés au Maroc. D’où une certaine tendresse à l’égard des signalements visant les commentaires islamistes ou les appels au meurtre des blancs
Si l’on se penche sur les membres de cette cour, le frémissement est de mise : notamment citer l’écrivaine yéménite Tawakkol Karman, certes prix Nobel de la paix en 2011, mais aussi membre des Frères musulmans. Elle avait notamment arboré la Main du Tamkine, ce signe de ralliement aux Frères musulmans, symbole du djihad armé, devant la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe, lors d’un voyage en France. On peut aussi évoquer le cas d’Afia Asantewaa Asare-Kyei, avocate des droits de l’homme, mais aussi cadre de l’Open Society Initiative for West Africa, affiliée à l’Open Society Foundation de George Soros. Ou encore celui de Pamela Karman, ancienne cadre de la Cour Suprême aux États-Unis, et fervente démocrate. Un pluralisme d’idée (on retrouve aussi un ancien rédacteur en chef du très à droite Guardian, ou encore une rédactrice de Jeune Afrique) qui indique la direction que souhaite impulser Mark Zuckerberg à son bébé.
Plus récemment, alors que la campagne présidentielle américaine touchait à sa fin, des révélations explosives sur les affaires louches d’Hunter Biden le fils du candidat démocrate à la mandature suprême, avec la Chine et l’Ukraine, avaient été systématiquement cachées par l’algorithme de Facebook. Cela aurait-il à voir avec le recrutement par l’entreprise de Seattle de ressortissants chinois qui aideraient Facebook à améliorer son algorithme de censure ? Pourtant explosive, l’information révélée par le New-York Post n’a pas fait grand bruit.
Il y aurait « une demi-douzaine de ressortissants chinois qui travaillent sur la censure », aurait dévoilé une source interne, à la publication. Qui mieux que des Chinois pour perfectionner l’algorithme de censure ? Toujours selon le New-York Post, « beaucoup sont docteurs et leur travail est très complexe, impliquant du machine learning, apprenant aux ordinateurs à agir sans être explicitement programmés ». Une information qui fait froid dans le dos, et qui explique la vague de censure qu’ont connue de nombreux groupes Facebook assimilés aux milieux de droite ou nationalistes, l’algorithme allant fouiller dans de vieux posts pour retrouver l’utilisation de mots d’argots ou de paronymes qu’il ne détectait jusqu’alors pas. C’est notamment le cas du mot « muzz », qui désigne les musulmans, taxés « d’incitation à la haine »… Le lendemain de la décapitation de Samuel Paty par un Tchétchène. Question sens du timing, on ne fait pas mieux.
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Cependant, si cette façon de faire paraît crue, pour des informations plus sensibles le procédé est plus subtil, et donc, in fine, plus fourbe : l’algorithme ne bannira pas un hashtag pro-Trump, mais reléguera plus bas les contenus conservateurs, qui n’arriveront donc que très rarement dans les fils d’actualité. Une censure invisible, en somme, qui permet au réseau social de se prétendre neutre.
Une publicité sponsorisée de Facebook qui circule en ce moment explique d’ailleurs la fierté du réseau social de Mark Zuckerberg d’avoir « contribué à protéger l’intégrité de plus de 200 élections à travers le monde depuis 2017 ». On notera avec humour que l’élection de Donald Trump aura eu lieu en 2016…
Mais ce n’est pas tout ! Le contenu que vous publiez sur votre page ou sur des groupes n’est pas le seul contenu susceptible d’être censuré ! En effet, vos messages privés sont scannés et lus par des modérateurs, qui peuvent bloquer les liens envoyés ou supprimer des contenus. Si Facebook affirme lutter contre les contenus abusifs, rien ne l’empêcherait de le faire pour d’autres contenus. À moins que ce ne soit déjà le cas ?





