Après sa poignante – et très libre – adaptation du Feu Follet de Drieu la Rochelle, Oslo 31 août, Joachim Trier revient avec Julie (en 12 chapitres) qui en impose par son ambition. Trier y fait le portrait saisissant d’une jeune femme moderne, convoquant à la fois les ombres tutélaires de Godard et du Woody Allen de Manhattan. Mise en scène dans tous les travers de son époque, Julie est donc plutôt antipathique, insatisfaite, volage, égoïste et narcissique. Trier la filme au plus près pour l’élucider non par une psychologie de bazar mais par un art consommé du découpage et du récit, se permettant même au passage quelques incursions bouleversantes dans le réalisme magique.
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Douze chapitres, donc, douze moments clés de la vie d’une jeune femme à Oslo, confrontée à un dilemme amoureux mais aussi à une époque que Trier sait brocarder au passage. Il suggère en filigrane la perte de sens dont sont victimes nos jeunes filles contemporaines, incapables de choisir entre leurs devoirs et la grande licence des temps. Quant à l’actrice Renata Reinsve, elle n’a pas volé son prix d’interprétation à Cannes : avec son jeu intériorisé, tout en non-dits et en exaltations muettes, elle est tout simplement époustouflante.
Julie (2h08), de Joachim Trier, avec Renata Reinsve, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum, en salles le 13 octobre





