L’ouverture du film laisse dubitatif : un couple de bourgeoises (Marina Foïs et Valeria Bruni-Tedeschi) s’engueule par sms dans leur joli appartement parisien. En montage parallèle, un routier surexcité (Pio Marmaï) débarque dans la capitale pour participer à une manifestation de Gilets jaunes. Le ton est léger et, pour le moment, on craint le pire : une comédie boulevardière sur la lutte des classes. Il n’en est rien : contre toute attente, La Fracture est un terrible uppercut, un vrai film politique et social.
Lire aussi : Pig : notre critique
Passé ce prologue léger, Catherine Corsini nous assène une heure trente de film tendu comme un slip, une plongée nocturne dans un service d’urgences hospitalières sur le point d’imploser, entre Gilets jaunes tabassés par les CRS, misère extrême et ce couple de lesbiennes au bout du rouleau. Dialogues coupés au cordeau, implication totale des acteurs, crescendo dramatique hallucinant qui rappellerait presque le jusqu’au-boutisme d’un Gaspar Noé. On était loin de s’attendre à ça et on sort du film bouleversé. Une vision stupéfiante d’une France au bord de la guerre civile, comme on a rarement l’occasion d’en voir au cinéma.
La Fracture (1h39), de Catherine Corsini, avec Marina Foïs, Valeria Bruni-Tedeshi et Pio Marmaï, en salles le 27 octobre





