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Jérôme Rivière : « Le multiculturalisme, c’est une culture qui se fait remplacer par une autre »

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Publié le

3 novembre 2021

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Le Conseil de l’Europe a déclenché une vive polémique à cause d’une campagne publicitaire faisant la promotion du hijab, campagne depuis supprimée sous la pression de la France. Député européen du Rassemblement national, Jérôme Rivière y voit l’empreinte idéologique des élites européennes, dont l’immigrationnisme conduit tout droit au remplacement de la culture occidentale par la culture musulmane.
hijab

Après avoir suscité une vive polémique, la campagne du Conseil de l’Europe pour le hijab a été supprimée. Quel regard portez-vous sur cette séquence politique ?

La campagne a été annulée mais était encore visible sur leur site internet aux dernières nouvelles, j’espère donc qu’elle sera complètement supprimée. Il faut préciser que le Conseil de l’Europe (47 membres) est distinct de l’Union européenne (27 membres) : il regroupe des pays comme la Turquie, l’Azerbaïdjan ou l’Albanie. Ce qui me choque, c’est que l’Union européenne (donc nous Français) finance le Conseil de l’Europe à hauteur de 500 millions d’euros pour financer ce genre de campagnes. Cette campagne pro-hijab a donc été co-financée par l’Union européenne, ce qui est choquant, scandaleux et invraisemblable. Cette publicité m’a mis dans une grande colère, car plus qu’une publicité, c’est un message de changement de société qui est envoyé par le Conseil de l’Europe. Ils font la promotion du hijab qui est un instrument de soumission de la femme : beaucoup sont persécutées, battues, emprisonnées dans des tas de pays à travers la planète parce qu’elles ne portent pas le voile. Ils tentent de nous perturber sur le plan des valeurs en faisant croire que le hijab est un choix de liberté, alors que ce n’est absolument pas le cas.

Que ce genre de campagne nous dit-elle des élites européennes ? Sont-elles acquises au multiculturalisme ?

C’est ce que nous dénonçons au Rassemblement national depuis des années – et personnellement même avant puisque j’avais écrit un article « Le multiculturalisme des imbéciles » il y a près de vingt ans. En fait, le multiculturalisme n’existe pas : le multiculturalisme, c’est une culture qui se fait remplacer par une autre. Aujourd’hui, il existe une volonté de saboter l’héritage grec, romain et chrétien de l’Europe. Certains ont pour projet de faire venir des populations qui ne viennent pas pour s’assimiler à notre culture, mais pour venir la remplacer en islamisant notre société. En tant qu’élu, je me battrais pour que cela n’arrive pas.

Le multiculturalisme n’existe pas : deux cultures cohabitent lorsqu’une culture est faible, lorsqu’une civilisation a honte et cesse de croire en elle-même, lorsqu’elle se rétracte et qu’une autre qui vient prendre sa place

Au sein du Conseil de l’Europe, sait-on qui est précisément à l’initiative de ce genre de campagne ?

Tout cela reste assez flou. On voit bien en revanche qu’il existe un état d’esprit qui promeut le multiculturalisme, donc une culture de remplacement. Je le répète, le multiculturalisme n’existe pas : deux cultures cohabitent lorsqu’une culture est faible, lorsqu’une civilisation a honte et cesse de croire en elle-même, lorsqu’elle se rétracte et qu’une autre vient prendre sa place. Dans ces instances européennes, on constate que la plupart des fonctionnaires adhèrent à cette idée et font la promotion d’une idéologie honteuse, dans le cas présent avec le hijab.

Il semblerait que la France ait joué une part importante dans le retrait. Vous en félicitez-vous ? Cela signifie-t-il que demeurent en France des anticorps civilisationnels pour résister à la poussée islamique ?

Je crois surtout que c’est parce qu’en France, nous sommes en pleine campagne présidentielle. Le camp national a remis ces sujets sur la place publique et les Français disent qu’ils sont inquiets de l’immigration, qui vient modifier structurellement notre civilisation en l’islamisant. Le gouvernement, en campagne derrière Emmanuel Macron, vient faire un peu de politique en faisant croire qu’il est attentif aux inquiétudes des Français. Dans la réalité, nous savons bien que la politique qui est menée par le gouvernement français est plus proche de celle du Conseil de l’Europe que de celle prônée par le Rassemblement national. Si Emmanuel Macron a pointé du doigt les dangers de l’islamisme, son projet de loi est très en deçà des propos qu’il tenait à l’époque.

Lire aussi : Grégor Puppinck : « La CEDH verse dans le militantisme idéologique »

Avez-vous eu des échos sur les réactions dans d’autres pays européens ?

Au sein du groupe Identité et démocratie – où siège le RN, nous avons des alliés qui ont réagi. La Lega de Matteo Salvini a été particulièrement choquée par cette publicité. De même que nos alliés belges : la Belgique connaît des difficultés importantes sur la question, ce que l’on voit par exemple à Bruxelles où le communautarisme musulman se répand et où le port du voile est quasi-obligatoire dans certains quartiers. C’est la même chose en Allemagne ou en Autriche, où nous avons des alliés. Un peu plus loin à l’est, en Estonie, nos amis parlementaires y sont moins confrontés au quotidien, mais cette campagne les a terriblement choqués car ils voient bien la menace si la France et les pays de l’ouest basculaient. C’est pour cette raison qu’une résistance s’est organisée à l’est, notamment autour de la Hongrie de Viktor Orban. Marine Le Pen lui a rendu visite la semaine dernière pour montrer qu’il existe bien un pôle de fierté et de résistance civilisationnelles.

Du point de vue de l’Union européenne, cette polémique ne pose-t-elle pas deux questions : les racines chrétiennes de l’Europe d’une part, et l’ouverture à certains pays musulmans dont la Turquie de l’autre ?

Tout à fait, ces deux questions, qui sont traitées en catimini dans l’agenda européen, doivent être posées et débattues au grand jour devant les citoyens des nations européennes. Pour ce qui me concerne, j’étais député UMP lorsque Jacques Chirac a refusé de demander que les racines chrétiennes de l’Europe soient inscrites dans le projet de Constitution. J’avais combattu ce refus que je trouvais très choquant. Je continue de combattre toute idée d’élargissement notamment aux pays des Balkans de l’ouest, d’une part parce que c’est un problème de civilisation, mais aussi parce que ce sont des États mafieux qui font du trafic de population en faisant rentrer toujours plus de migrants dans des conditions sordides, à la fois pour nous pays accueillants, et pour les migrants qui doivent payer des fortunes.

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