Le wokisme n’est-il qu’une version rajeunie de la tournure d’esprit du communisme, dont il recycle les ressorts et attitudes – culte de la pureté, fureur de dénoncer et d’excommunier, manichéisme, foi dans un sens de l’histoire ? Thierry Wolton publie aujourd’hui Penser le communisme, court essai qui conclut son cycle de travaux sur le sujet (notamment son Histoire mondiale du communisme en trois tomes).
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Outre les développements sur la dimension religieuse du communisme, bien mise en évidence jadis par Monnerot, les pages les plus intéressantes du livre sont celles sur la mémoire contemporaine du communisme, qui tient de l’amnésie, et sur la réactivation des réflexes sectaires du marxisme dans de nouvelles églises comme le wokisme. « Sous la forme qu’on lui a connue, l’utopie a certes perdu de sa splendeur, mais elle garde la possibilité de renaître sous d’autres atours séduisants. Le mode de pensée marxiste a quitté le terrain économique et social pour investir le domaine culturel au sens large, civilisationnel si l’on peut dire ». Un spectre hante toujours l’Occident, mais il a changé de costume.

Grasset, 280 p., 20,90 €





