Lors des futurs Jeux olympiques, la course de 42 km sera en effet ouverte aux sportifs amateurs, lesquels auront plusieurs opportunités de gagner leur place au cours des prochains mois. Les premiers dossards ont été mis en jeu le 31 octobre, à l’occasion d’une poursuite de 5000 mètres au protocole ubuesque. Chaque participant a d’abord dû communiquer sa vitesse prévisionnelle, évaluée de façon autonome et arbitraire. Des paliers de départ ont été prévus d’après les déclarations des aspirants, de sorte que les plus lents s’élancent en premier et les plus rapides en dernier. L’ultime coureur n’était autre que le champion olympique Eliud Kipchoge, et seuls les candidats ayant franchi la ligne d’arrivée avant l’athlète kenyan devaient obtenir leur ticket pour les JO.
Suite aux événements du 31 octobre, une pétition visant à « rétablir l’équité pour l’obtention du dossard » a été mise en ligne
L’idée était comique ; sa mise en œuvre fut grotesque : faute d’avoir convenablement calculé les horaires de départ, les organisateurs ne laissèrent aucune chance aux meilleurs concurrents qui furent rattrapés en un rien de temps par Kipchoge. D’autres coureurs, beaucoup plus lents ou ayant volontairement sous-estimé leurs capacités chronométriques afin de partir dans les premiers sas, obtinrent quant à eux leur qualification. Dans le but vain d’apaiser la colère de nombreux recalés, l’on repêcha finalement 400 participants issus des deux meilleurs paliers.
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Avec ce marathon, le syntagme « pour tous » condense – une fois encore – toutes les tares d’une prétendue démocratisation de chaque fait social via l’inopérant et fumeux concept d’équité – qui se substitue à celui d’égalité. En effet, si la pratique sportive doit être accessible à tous, la compétition est toujours de facto égalitaire et discriminante : égalité sur la ligne de départ, victoire des meilleurs à l’arrivée. Suite aux événements du 31 octobre, une pétition visant à « rétablir l’équité pour l’obtention du dossard » a été mise en ligne. Allons donc plus loin en rétablissant l’équité pour l’obtention des breloques : en 2024, il convient que les Éthiopiens courent à cloche-pied et les Kényans à reculons, afin de laisser aux autres l’espoir de remporter une médaille d’or démocratique !





