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Campagne : histoire d’un abandon

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Publié le

12 janvier 2022

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« Pour que la France reste la France » répète la droite en chœur. Commençons par regarder l’état de la France des campagnes, vidée et désaffectée par les politiques de métropolisation. Il nous faut urgemment un plan Marshall pour sauver la ruralité de cette agonie.
centre-ville

Je ne remonte pas cette putain de rue du Centre-Bretagne, je remonte le temps. Magasins fermés. Uniquement. Le délavé d’une vie d’avant. Épicerie, bijouterie, fringues, bistrot. « On peut venir avec son manger ». Faut surtout venir avec de bons yeux maintenant. J’apprends à la volée qu’il y a eu jusqu’à trente commerces dans cette bourgade ! Maintenant, ce sont trente vitrines crasseuses avec des rideaux qui pendouillent. Une boulangerie quand même ! Avec des articles de pêche et de l’épicerie dans les coins. Car ici c’est la campagne. Et la campagne a été abandonnée par l’État français. L’État français a anéanti la France !

« Vous ne reconnaissez plus votre pays, vous ne reconnaissez plus la France », dit Zemmour dans sa vidéo. Images de hordes d’immigrés. De mosquées gueulardes. Mais moi, c’est la Bretagne que je ne reconnais plus. Et les immigrés n’ont rien à voir dans le paquet de pointes ! Et toi l’Auvergnat, reconnais-tu le Cantal ? Et toi l’Ardennais, as-tu encore devant toi l’Argonne merveilleuse ? Ou est-ce devenu un ensemble de villages poussières ? L’immigration n’est pas seule responsable de l’abandon de la France, elle n’en est que le dernier clou sur le cercueil. Les immigrés sont un facteur aggravant du déménagement de la France, rien de plus. Mais le vrai coupable c’est l’État français et sa politique de métropolisation.

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« La France a changé, refaisons la France de toujours ». Mais existe-t-elle toujours quelque part cette France de toujours ? On se plaint des kebabs dans les centres-villes de Béziers ou de Cahors mais ils n’ont pas foutu les restos blanquettes dehors à ce que je sache ! C’est avant tout une politique décidée à Paris qui a tué la France rurale. Car les ruraux ont bien été les victimes du plus grand plan social de l’histoire ! Et c’est leur propre gouvernement qui l’a mis en œuvre !

Moderne. La France a voulu être moderne après la guerre, et cette modernité a pris la forme d’une ville. Immense ! Dévorante ! Triomphale ! Et autour de la ville, il y a les « quartchiers ». Avec l’accent de Meknès ! Donc, le choix de la « modernité » pour l’État français, ç’a été la ville monde : ses buildings, ses métros et ses quartchiers immigrés. Alors que la modernité dans les campagnes, ç’a été l’électricité, la moissonneuse-batteuse mais surtout la valise !

Il faut un plan Marshall pour la ruralité ! Abandonner la politique de métropolisation et réinvestir massivement dans les campagnes

Partant, comment reconstruire ce pays ? Reconquérir Grigny c’est facile, il suffit de remigrer les trois-quarts de la ville et d’y réinstaller des Français. Toutes les infrastructures y sont. Mais comment reconstruire l’Aisne ? Et le Finistère intérieur ? À l’heure où j’écris cet article, je cherche un médecin. Il n’y en a pas un seul de libre aujourd’hui à moins de 100 kilomètres à la ronde. Hier soir, j’ai fait 45 minutes de route pour trouver un test Covid. Tout est à rebâtir dans les campagnes. Et pourtant, il y a déjà les équipements : écoles, postes, tribunaux, commerces. Tout ! Mais en vermoulu proche de l’écroulement. Depuis 70 ans. Depuis le début des Trente Glorieuses en fait. Qui ont été comme un hiver nucléaire pour la ruralité.

Il faut un plan Marshall pour la ruralité ! Abandonner la politique de métropolisation et réinvestir massivement dans les campagnes. Pour que la France redevienne la France. Que la France ne soit pas une série de villes-mondes Starbucks tous les 200 kilomètres avec du vide autour. Il ne faut plus dépenser le moindre argent public dans ces putains de « quartchiers » et investir dans la reconstruction des bourgs ruraux. Covid, immigration : les Français de souche quittent les villes actuellement. L’exode inversé ! Il faut donc refaire une France rurale dans des coins où la diversité n’a pas encore trop pointé le bout de sa babouche. Le village de 1 000 habitants, préservé et identitaire, doit devenir le nouveau rêve français ! Et pas pour aller vivre dans un plain-pied cubique toit plat avec un palmier devant, la dernière bouserie des beaufs !

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« Vous vous souvenez du pays que vous avez connu dans votre enfance ; vous vous souvenez du pays que vos parents vous ont décrit ». Dans mon pays à moi, il y avait des bourgs ruraux florissants. Plusieurs écoles de campagne dans les communes tant il y avait d’enfants. Dans mon pays à moi, tout le monde parlait gallo et il n’y avait pas de supermarchés. Ne parlons pas des immigrés puisqu’on ne savait pas ce que c’était. Dans mon pays à moi, il y avait des vaches qui traversaient le bourg chaque matin et chaque soir. Et tout le monde faisait son cidre dans de grandes fêtes familiales. Et on allait à l’église. Ce pays ce n’est pas Mamadou qui l’a anéanti. Ce n’est même pas le mondialisme. Ce pays, c’est l’État français, l’ENA qui l’a laminé, abandonné. Déclassement, immigration, folie sociétale ? Le mal français est hélas beaucoup plus profond.

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