Skip to content

Robin des mers

Par

Publié le

27 septembre 2017

Partage

© Sea Shepherd France

 

[qodef_dropcaps type= »normal » color= »red » background_color= » »]I[/qodef_dropcaps]l y a quarante ans, Paul Watson fondait Sea Shepherd. Un mouvement exemplaire de défense et conservation du vivant.

 

Capitaine Paul Watson. Un nom qui claque comme un drapeau. Comme la bannière noire à tête de mort qui orne les mâts de ses navires. Un héros de Jules Verne croisé avec un rebelle d’Edward Abbey. Un personnage mutant de Jean Raspail – qui ne serait pas de l’Ancien Monde mais du Nouveau – un Nord-Américain brut de décoffrage, un Canadien tout juste sorti des bois. Dont la flotte bat pavillon iroquois. Sa vie ressemble à un roman d’aventure. Il en a même inspiré un (Alice Ferney, Le Règne du vivant, Babel). Mais sa biographie dépasse la fiction.

Un capitaine sorti du rang, un pirate altruiste, un corsaire qui n’a reçu ses lettres de course d’aucun souverain, mais de l’océan lui-même – du roi Neptune en personne dont le royaume est en grand péril – en dévastation continue. Nous n’assommerons pas ici le lecteur de chiffres aussi effarants que faramineux. La catastrophe n’est pas devant nous. Nous sommes en plein dedans. Depuis des décennies. Et elle va s’accélérant. Les océans, leurs espèces, leurs populations, leurs équilibres et leurs dynamiques sont en plein effondrement.

Pour causes humaines – surpêche industrielle, surexploitation, superpollution, dérèglement climatique… Qu’on l’accepte ou le nie, la destruction de la nature est anthropogène. Nombreux sont dans le déni, d’autres dans la déploration, tous dans l’impuissance. Paul Watson, lui, est un homme. Un vrai. Dès le début, il a décidé d’agir. En conservateur. En bio-conservateur. En guerrier. En éco-guerrier.

Dès l’âge de neuf ans, il commence par la destruction des pièges et collets des trappeurs autour de son petit village de pêcheurs de homards du New Brunswick, et perturbe avec d’autres enfants les battues et parties de chasse. Dès lors, il sera un partisan de l’action directe et du sabotage. Qui sont, comme l’ont montré Thoreau, Gandhi et d’autres activistes, les actes d’opposition à la fois les plus éthiques et les plus pragmatiques. Même si elle n’est pas toujours victorieuse, l’action directe, qui comprend la désobéissance civile, est la stratégie et la tactique à la fois la plus morale et la plus efficace – Sivens et Notre-Dame-des-Landes en sont chez nous des exemples.

En 1969, âgé de 19 ans, il est le plus jeune membre fondateur du Don’t Make A Wave Comittee qui s’oppose aux essais nucléaires américains sur l’île d’Amchitka dans les Aléoutiennes. Le comité achète successivement deux navires, baptisés Greenpeace I et II, pour naviguer au plus près de l’île et empê- cher les essais – avec succès. En 1972, le comité devient la Fondation Greenpeace – dont Paul Watson est un des co-fondateurs. Dans les années soixante-dix, il participe activement aux nombreuses campagnes terrestres et maritimes de l’organisation – depuis l’opposition aux essais nucléaires français dans l’atoll de Mururoa jusqu’aux affrontements avec la flotte baleinière soviétique en passant par l’occupation de Wounded Knee par le Mouvement des Indiens d’Amérique.

En 1977, il quitte Greenpeace pour fonder la Sea Shepherd Conservation Society – dont les marins et les militants sont depuis quarante ans sur la brèche, sur tous les fronts de défense et conservation de la vie marine. En 1978, cet Achab retourné qui poursuit de sa vindicte les baleiniers pour défendre Moby Dick arme le premier navire d’une flotte qui sera toujours plus nombreuse. Depuis, s’affrontant à des nations industrialisées comme à des communautés locales, Sea Shepherd a sauvé des dizaines de milliers de vies de mammifères marins et obtenu de nombreuses victoires locales mais aussi internationales. Les « bergers de la mer » ont certes perdu quelques batailles, mais la guerre mondiale est toujours en cours. Dans les années deux mille, les « Whale Wars » qui les opposent en Antarctique à la flotte baleinière japonaise les transforment en héros populaires. Poursuivi en justice, recherché par Interpol, arrêté, emprisonné, rien n’arrête Paul Watson. Il continue abordages et sabordages de baleiniers illégaux et autres braconniers. Il a subi violences verbales et physiques, passages à tabac, intimidations, humiliations, calomnies, diffamations, menaces de mort. Entre autres gros mots, on le traite d’« extrémiste » ou d’« écoterroriste ». Lui continue sa route. Sûr de son droit. Droit à la vie. Droit à l’autodéfense : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. »

À paraître :

PAUL WATSON : SEA SHEPHERD, LE COMBAT D’UNE VIE

Lamya Essemlali

Glénat

384 p. — 19,99 €

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest