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Éoliennes : combat entre écolos et locaux

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Publié le

27 janvier 2022

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Le réchauffement climatique s’est imposé comme un sujet de société de premier plan, avec les polémiques qui vont avec. Entre les supporters des énergies renouvelables et les fervents adorateurs du nucléaire, une guerre sans merci s’est engagée. L’un des piliers de ce combat est la question des éoliennes.
Eolienne

Dépeintes par les écolos qui vivent dans les métropoles comme une des nouvelles merveilles du monde, et par les fans du nucléaire comme une des pires hérésies que l’humanité ait connues. Difficile de donner tort aux anti-éoliennes : en plus de détériorer nos paysages, les éoliennes représentent un réel péril écologique.

Les éoliennes : le paradoxe écologique

Les admirateurs des éoliennes pourront dire ce qu’ils voudront, les chiffres ne sont pas en leur faveur. En France, en 2019, la production d’électricité est assurée à 79.8 % par le nucléaire, tandis que 20.2 % est assuré par le renouvelable. Dans la part des renouvelables les éoliennes représentent 31.3 % ce qui représente 6.3 % de la production totale. Quant au nucléaire, il représente 88.5 % de la production d’énergie dite non-renouvelable, et 70.6 % de la production totale d’énergie française.

En 2019, 18 centrales et 56 réacteurs nucléaires produisait 379.5 TWh (Térawattheure) soit 11 fois plus que les 1 890 éoliennes qu’il y avait à l’époque et qui produisaient 34.1 TWh. Pour compenser l’énergie produite par le nucléaire il faudrait théoriquement 20 790 éoliennes de plus (aujourd’hui 8 000 éoliennes sont installées en France) sachant que tout ceci reste hypothétique car il faut bien prendre en compte qu’une fois l’éolienne installée, il ne reste plus qu’à prier pour qu’il y ait du vent. Comme elles fonctionnent avec le vent, les éoliennes sont une source d’énergie intermittente.

Lire aussi : Éoliennes : combat entre écolos et locaux

Le rendement énergétique et la laideur ne sont pas les seuls points faibles de l’éolien sur le plan écologique, il y a aussi leur installation. Pour l’implantation d’une éolienne terrestre, tout d’abord, il faut construire la base. Mais avant cela, il faut construire une route allant jusqu’au lieu désigné, puis couler 36 piliers en béton, longs de 10 mètres dans la terre, ensuite vous construisez une gigantesque armature métallique autour de vos piliers, enfin vous coulez 1 000 tonnes de bétons dans votre armature et vous avez la base de l’éolienne. Tout ceci endommage irrémédiablement la terre, on parle d’artificialisation des sols. Les écolos aiment la flore mais elle ne les aime pas.

Pour ce qui est de l’éolienne elle-même : il faut des grues, une tour de construction, et plus de 27 convois exceptionnels. Tout ça pour une éolienne à l’arrêt lorsqu’il n’y a pas de vent ou s’il y en a trop (on les arrête par sécurité si le vent dépasse 90 km/h), dont la durée de vie n’excède pas 30 ans dans le meilleur des cas, et dont les pales ne sont pas recyclables.

L’exaspération des locaux

Depuis plusieurs années maintenant le lobbying pro-éolien prend une ampleur considérable. Il n’est plus seulement question de massacrer le paysage terrestre, mais également le littoral. Que ce soit sur terre ou en mer, le résultat est le même. Et les habitants rejettent massivement ces implantations massives et désastreuses. La tactique de soudoiement est toujours la même : on drague les agriculteurs en leur proposant un très bon prix pour la location de leurs champs. La situation des agriculteurs en France étant si précaire, qu’il leur est difficile de résister à la tentation.

Il n’est plus seulement question de massacrer le paysage terrestre, mais également le littoral

Les autochtones qui refusent l’implantation d’un parc se regroupent en collectifs et associations, comme à Montmartin-sur-Mer, où les habitants se sont réunis pour créer un collectif – soutenu par la mairie – contre le projet d’éoliennes. Olivier Pouzet, à l’origine de ce collectif, fulmine : « Nous avons une magnifique baie de Sienne, avec de jolies plages, une faune ornithologique et des fours à chaux, alors si on met des éoliennes de 170 mètres de haut, elles seront plus hautes que nos églises normandes et six fois plus hautes que l’église de Montmartin-sur-Mer ». Mais à la fin c’est la préfecture qui a le dernier mot.

Même situation au niveau des tours Vauban, où un projet de parc éolien aquatique a vu le jour, au niveau de Saint-Vaast-la-Hougue, qui met en danger le patrimoine historique de la région. Les tours Vauban elles-mêmes pourraient bien être déclassées du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ainsi, l’association « Eolarge » dirigée par Christiane Ticelin vient au secours des Tours Vauban. Dans le JT de 13h de TF1, la présidente explique : « Si l’un des sites est déclassé, désinscrit, eh bien, c’est l’ensemble de l’inscription des sites Vauban qui tombe, c’est-à-dire l’ensemble des douze sites… ». Ainsi, l’implantation de ce parc éolien aurait des répercussions sur 12 sites historiques. Une situation qui ne laisse pas Stéphane Bern indifférent : « Quelle folie ! @barbarapompili portera une lourde responsabilité devant l’Histoire… » a-t-il publié sur Twitter.

Lire aussi : Éolien et élus locaux : comme un air de corruption

Il ne s’agit pas d’un cas isolé, en effet sur l’île d’Oléron où une soixantaine d’éoliennes devraient être installées au large, mais seraient visibles depuis la plage. Les habitants, en particulier les pêcheurs, sont très remontés contre cette décision, certains considérant qu’il y aurait un saccage du littoral : « On ne vient pas à la plage regarder l’horizon et voir des éoliennes ». D’autres se questionnent sur l’intérêt écologique de cette implantation : « Je suis pour l’énergie verte, mais je ne suis pas sûr que c’en soit une ». Vient en plus la question de la préservation des zones protégées : le parc éolien pourrait avoir une incidence sur sept réserves naturelles. Le maire de Saint-Pierre-d’Oléron, Christophe Sueur critique ce projet dénonçant « une emprise sur notre espace naturel ». Le dénouement est à espérer cet été.

Ces situations qui s’additionnent en ce début d’année 2022, montrent que les tours d’acier créent de plus en plus de polémiques locales. Et la tendance n’est pas prête de s’inverser vu l’acharnement du lobby éolien.

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