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Red Rocket : nec plus ultra

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Publié le

2 février 2022

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Trouver la juste mesure d’ironie anti-puritaine sans basculer dans le trash vulgaire : c’est le défi qu’a relevé avec grand succès Sean Baker dans Red Rocket.
red rocket

Walk on the wild side, chantait Lou Reed, et Sean Baker de plussoyer avec Red Rocket: Walk on the Wilder side. Si le meilleur élève de Lubitsch parvenait à rendre réjouissant l’échangisme intéressé et crapoteux d’Embrasse-moi idiot, l’auteur de Florida Project procède aujourd’hui de même en filmant les manigances d’un acteur porno réfugié chez son ex qui va soudain jeter son dévolu sur une jeune rousse délurée. La fusion d’un ancrage documentaire à la Ulrich Seidl et de touches pop dérivées de Gregg Araki servant à illustrer l’imaginaire des personnages confère au film un cachet surprenant.

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Le goût des plans larges et des temps morts ne dessert pas le film, bien au contraire, car il témoigne d’un jeu sur l’espérance qu’on pourrait qualifier de tchekhovien. Fracturée et comateuse, l’Amérique de Sean Baker est aussi irréductible, à l’image du héros, attachante canaille menée par un instinct vital inébranlable. L’excellence de l’interprétation, avec notamment l’extraordinaire Simon Rex dans le rôle principal, achève de rendre Red Rocket plus que recommandable, mais franchement indispensable.


Red Rocket (2h08), de Sean Baker avec Simon Rex, Bree Elrod, Ethan Darbone, en salle le 2 février

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