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Transsexuels dans le sport : quand les fédérations féminines musclent leur jeu

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Publié le

4 février 2022

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De plus en plus fréquemment, les transsexuels apparaissent dans des compétitions féminines et raflent les prix. Une pratique qui bafoue l’équité sportive, et qui exaspère une partie des féministes.
Lia Thomas

Au fil des années, la communauté LGBT+ devient de plus en plus visible et revendicative. Le sport n’y a pas échappé, au point qu’un phénomène ne cesse de susciter la polémique : l’inclusion des transsexuels dans les compétitions féminines.

Lia Thomas, nageur transsexuel de 22 ans, est le dernier en date à avoir fait beaucoup de bruit en surclassant ses concurrentes de 38 secondes sur le 1500 mètres. Ce nouveau record pulvérisé dans la catégorie féminine pose la question de la légitimité des transsexuels dans le sport féminin.

Une affaire de testostérone

Car cette inclusion de sportifs au physique d’homme dans les compétitions féminines pose la question du dimorphisme sexuel. Le dimorphisme désigne l’ensemble des différences entre mâle et femelle d’une même espèce. Dans le cadre du sport, celles-ci ont évidemment un poids prépondérant. En effet, les hommes produisent beaucoup plus de testostérones : en moyenne, la concentration sanguine de testostérone est de 8,2–34,6 nmol/L pour un homme, contre 0,3–3,0 nmol/L pour une femme. Cette différence a évidemment de grandes conséquences, puisque la testostérone est le principal facteur des transformations physique qui accentuent encore les différences entre hommes et femmes à la puberté.

En haltérophilie, Laurel Hubbard a remporté deux médailles d’or aux Jeux du pacifique de 2019, et fut le premier transsexuel à participer aux Jeux olympiques – mais n’a pas gagné

Ainsi, le squelette des hommes devient plus lourd pour pouvoir supporter une masse musculaire plus importante : celle-ci atteint 35% de la masse totale chez les hommes contre 28% chez les femmes (sachant naturellement que les hommes pèsent plus lourd). Cette morphologie avantageuse – donc le niveau de performance supérieur – justifie la séparation logique entre hommes et femmes dans le sport.

Les transsexuels contre la gente féminine

Aux États-Unis, l’inclusion des transsexuels dans le sport féminin rebat largement les cartes de cette si naturelle organisation. En athlétisme, Terry Miller enchaîne les victoires, au point que les familles de trois athlètes universitaires américaines avaient déposé une plainte fédérale en 2020. En haltérophilie, Mary Grégory a gagné plusieurs titres et battu de nombreux records, records qui lui ont cependant été retirés par la fédération américaine qui l’a considéré comme un homme. Dans le même domaine, Laurel Hubbard a remporté deux médailles d’or aux Jeux du pacifique de 2019, et fut le premier transsexuel à participer aux Jeux olympiques – mais n’a pas gagné.

Dans les sports collectifs, être un transsexuel confère aussi de sérieux avantages : le handballeur Hannah Mouncey, transsexuel de 1m88 et ancien joueur de football australien, peut profiter de sa taille et de sa masse musculaire pour écraser la concurrence, au point d’apparaître comme une véritable montagne pour ses adversaires. Dans les sports de contact, l’intégration des transsexuels fait même froid dans le dos. Prenons pour seul exemple le transsexuel Fallon Fox, qui combat dans les compétitions féminines de MMA aux États-Unis. La différence biologique est telle qu’il massacre des opposantes démunies, ce qui n’a pas l’air de le déranger : « Pour mémoire, j’en ai assommé deux (femmes). Le crâne d’une femme a été fracturé, l’autre non. Et juste pour que vous sachiez, j’ai apprécié. Vous voyez, j’adore claquer des TERFS (des féministes accusées de transphobie, ndlr) dans la cage qui disent des bêtises transphobes. C’est le bonheur ! Ne soit pas en colère. »

Lire aussi : Le rugby intègre les minorités

Étant donné que les pays occidentaux suivent allègrement les dérives qui nous viennent de l’autre côté de l’Atlantique, il y a de quoi s’inquiéter pour la France. Et de fait en 2021, pour la première fois, Nicole, un athlète transgenre d’origine péruvienne, a reçu une licence pour participer au championnat professionnel de volley. Le rugby s’est pareillement ouvert à la diversité. En effet, la Fédération française de rugby a ouvert la compétition aux transsexuels : « Pour la journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie, la biphobie (…) la FRR est heureuse d’accueillir, sans distinction de race, de religion, de sexe, et désormais de genre, officiellement, celles et ceux qui comme nous sont unis par une même passion, le jeu de rugby ». Alors que World Rugby avait laissé les fédérations libres tout en alertant sur un éventuel manque d’équité, la FFR a donc choisi de condamner la cohérence et la qualité du jeu.

Quand l’idéologie supplante l’équité sportive

Mais pourquoi les transsexuels sont-ils autorisés à participer s’ils détruisent à ce point la compétition – en plus de mettre en danger l’intégrité physique de leurs adversaires ? En fait, ils peuvent jouer sous certaines conditions : ils doivent notamment suivre des traitements hormonaux afin d’avoir un taux de testostérone plus faible.

Pourtant, s’ils perdent un peu en force, ils restent globalement bien plus forts grâce à leur transformation lors de leur puberté. Ainsi, l’équité sportive se trouve bradée au nom de l’idéologie inclusive. Le sujet est loin d’être clos, on pourrait même dire que nous sommes au début de problèmes absurdes – et insolubles ?

Pourtant, s’ils perdent un peu en force, ils restent globalement bien plus forts grâce à leur transformation lors de leur puberté. Ainsi, l’équité sportive se trouve bradée au nom de l’idéologie inclusive

Cependant même avec ses règles de traitement on n’échappe pas à des situations absurdes, le summum ayant été atteint lorsque Mack Beggs, une femme ayant subi un traitement hormonal pour devenir un homme et participer aux compétitions masculines, a vu sa demande refusée. On l’envoie donc jouer avec les femmes où elle pulvérise la compétition.

Les milieux féministes se rebellent

Les féministes ne pouvaient rester sans réagir. Celles qui sont appelées « TERFS » (« trans-exclusionary radical feminist ») par certains au sein des lobbys LGBT+ craignent l’invisibilisation des femmes – les transsexuels attirant désormais toute l’attention sur eux.

Lors des débats sur la proposition de loi pour « Démocratiser le sport en France », un amendement visant à offrir « les mêmes garanties de protection aux personnes transgenres dans l’accès à la pratique sportive » avait provoqué de vifs débats dans les milieux féministes. « Sous couvert de « lutte contre les discriminations », ces différents amendements concernant l’identité de genre sont un crachat jeté au visage des femmes, car si j’en comprends bien le sens, ils sous-tendent la possibilité que sur simple déclaration des individus de sexe masculin puissent participer à des compétitions sportives féminines » avait alors estimé la militante féministe Marguerite Stern dans une tribune pour Marianne. Cependant, toutes les féministes ne rentrent pas dans la lutte, certaines préférant essayant de concilier l’inconciliable, une sorte de « en même temps » qui finira bien par avoir ses limites. Par exemple quand il n’y aura plus aucune femme sur les podiums.

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