Vous avez fait voter au Conseil de Paris le voeu d’honorer le cinéaste Pierre Schoendoerffer en baptisant un lieu public de Paris de son nom. En quoi le méritait-il ?
J’ai souhaité que la Ville de Paris rende hommage à Pierre Schoendoerffer, qui nous a quittés il y a déjà dix ans. Naturellement, cet hommage n’a été possible qu’avec l’accord de sa famille. Et je tiens à remercier son épouse, Patricia, pour le temps qu’elle a bien voulu accorder au jeune élu que je suis, pour évoquer la mémoire, la vie de son mari.
Pierre Schoendoerffer a « fait la guerre et fait des films » comme l’a dit Jacques Chancel. « Soldat de l’image » en Indochine, il a été un témoin essentiel de cette guerre oubliée. Son oeuvre prend le contrepied de ceux qui, par facilité, par manque de courage et malheureusement de culture, souhaitent « déconstruire » l’histoire de France. Par ses livres, ses films, Pierre Schoendoerffer n’aura cessé de raviver notre mémoire collective en racontant les épisodes tragiques et trop méconnus de l’histoire récente de notre pays. Mais le cinéma de Pierre Schoendoerffer, ce n’est pas la nostalgie et en aucun cas la nostalgie de notre histoire coloniale. Le cinéma de Pierre Schoendoerffer, c’est un « cinéma vivant » comme aime à le décrire Jacques Perrin, compagnon parmi les compagnons.
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Écrivain, cinéaste et académicien, Pierre Schoendoerffer était un « chef d’orchestre » qui a travaillé avec les plus grands et laissé une œuvre immense reconnue par tous : Prix du Scénario à Cannes en 1965 pour La 317ème Section, Oscar du meilleur documentaire en 1968 pour La Section Anderson, Prix Interallié en 1969 pour L’Adieu au Roi, Grand prix du roman de l’Académie française en 1976 pour Le Crabe Tambour qui obtint également trois César en 1978.
Il me semble que nous devrions étudier Pierre Schoendoerffer au collège et au lycée. Sur la guerre d’Algérie par exemple, sujet dont il est impossible de parler en 2022 de façon dépassionnée alors que cette guerre a pourtant entraîné un changement de République et le retour de de Gaulle ! On a tendance à trop l’oublier. Pierre Schoendoerffer, à travers L’honneur d’un capitaine, en a tiré un film magistral, avec les meilleurs acteurs de l’époque et dans lequel tout est dit, dans lequel aucun sujet n’est éludé, notamment la torture. Pour toutes ces raisons, la Ville de Paris se devait de rendre hommage à Pierre Schoendoerffer.
« Ce lieu a généralement un rapport direct avec la vie de la personnalité »
François-Marie Didier
Quels sont les prérequis pour nommer une place, une rue, une avenue à Paris ?
C’est le Conseil de Paris qui est compétent pour dénommer les rues et lieux de Paris, après proposition de la commission de dénomination de la Ville et validation par la Maire de Paris. La commission de dénomination est composée d’élus parisiens et examine les vœux déposés par les conseillers de Paris pour honorer une personnalité. Elle travaille en lien avec la famille et les proches, les mairies d’arrondissement, les adjoints concernés et les directions de la Ville de Paris pour choisir le meilleur lieu possible (voie, espace vert, lieu public). Ce lieu a généralement un rapport direct avec la vie de la personnalité.
Quelle est le lieu que vous souhaitez baptiser ?
La famille de Pierre Schoendoerffer souhaiterait qu’un lieu du XVIe arrondissement, où il a vécu, soit choisi. Je travaillerai donc en lien étroit avec ses proches, l’adjointe à la Maire de Paris en charge de la mémoire et du monde combattant, Laurence Patrice et le maire du XVIe arrondissement, Francis Szpiner pour que cela se réalise.
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Quelles ont été les réactions de la part des autres conseillers municipaux devant votre proposition ?
Le vœu que j’ai déposé a été adopté à l’unanimité par le Conseil de Paris. J’en suis très fier. N’oublions jamais Pierre Schoendoerffer.






