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Ils sont vivants : à nous les p’tits migrants !

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Publié le

23 février 2022

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Une belle histoire d’amour entre un migrant et une raciste : vous en rêviez. Le genre d’argument niais qui vous donne envie de vous rendre à la projection presse armé d’un bazooka. Mais comme nous ne sommes pas de gauche, nous refusons de juger un film sur son propos idéologique. Du moins on essaye. Et ce n’est pas facile.
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Veuve depuis peu, Béatrice vit avec son fils et sa mère à Calais. Sa rencontre avec Mokhtar, enseignant iranien arrivé clandestinement en Europe, va bouleverser son quotidien et ses convictions. Par amour pour lui, elle va devoir défier les préjugés de son entourage et les lois de son pays. Une belle histoire d’amour entre un migrant et une raciste : vous en rêviez. Le genre d’argument niais qui vous donne envie de vous rendre à la projection presse armé d’un bazooka. Mais comme nous ne sommes pas de gauche, nous refusons de juger un film sur son propos idéologique. Du moins on essaye. Et ce n’est pas facile. Ça démarre fort : Marina Foïs enterre son mari, elle semble peu touchée, et on la comprend, c’était un flic raciste, alcoolique (le bougre est mort d’une cirrhose) qui la battait régulièrement. C’est beau comme une banderole du PSG : raciste, violent, alcoolique, bienvenue chez les Chtis. Les collègues s’enflamment : « Ils sont pires que nos arabes, ce sont des vrais sauvages ! » déclame l’un d’eux en parlant des migrants. Restons neutres : ça peut arriver, et après tout, c’est tiré d’une histoire vraie. Marina Foïs est habitée, c’est le rôle de sa vie, elle ne parle plus, elle hurle, et sans maquillage.

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L’acteur devenu réalisateur, Jérémie Elkaïm, se la joue Kechiche du pauvre. Il faut être immersif, coller sa caméra à la trogne des personnages, surtout pas de recul, ça serait con de révéler la supercherie. Béatrice rencontre donc Mokhtar, beau comme un mannequin Dior. Ils ne causent pas la même langue, pas grave, google traductor les dépanne. Ils se reniflent, échangent des regards, faut dire que Foïs n’a peur de rien, elle ose même se balader en jupe ras la salle de fête dans la jungle de Calais. Mais la jungle, ce n’est pas ce qu’on croit ! Elkaïm la filme comme un camp de vacances. On assiste même à la naissance de chiots. C’est si choupinet. Mokhtar succombe donc aux charmes de Béatrice aussi excitante qu’un morse sur une banquise. « Le fait que ce soit le désir charnel et l’acte sexuel qui unissent Béatrice et Mokhtar rend absurde et révoltante l’idée que les lois et les frontières les séparent », explique le réalisateur. C’est beau comme du Miss France. Et Mokhtar pense au plaisir de Béatrice avant tout. La pauvre a chaud à la truffe, deux ans sans rien, à peine lui effleure-t-il le nombril qu’elle grimpe aux rideaux. Comme sa collègue Ingrid, qui n’hésite pas à foutre son migrant dans son plumard. À nous les petits migrants ! Heureusement qu’ils sont là. Les viols à Cologne, c’était juste un problème de traduction, ces connes n’avaient qu’à apprendre le pachtoune. Non mais sans blague.


Ils sont vivants (1h52) de Jéremie Elkaim, avec Marina Foïs, Seear Kohi, Laetitia Dosch, en salle le 23 février

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