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« La Femme » d’Edith Stein : éloge de la soumission volontaire

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Publié le

8 mars 2022

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Alors qu’on célèbre en ce 8 mars la journée internationale de la femme, au nom d’un féminisme qui veut abolir les distinctions entre les sexes, l’œuvre de la carmélite Edith Stein rappelle et loue brillamment l’essence féminine, qui est abandon libérateur.

« Et son âme est faite pour être le rempart des autres âmes et la patrie où elles peuvent s’épanouir. » Ce sont les paroles prononcées par Edith Stein, dite sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, sur la spécificité de la femme lors de sa conférence Les fondements de l’éducation féminine (1930). Or, savons-nous encore saisir ces mots graves que sont ceux de l’âme, de la patrie, et de la femme à une époque où le progrès ne voudrait parler que de « corps », « d’espaces sans frontières » et de « personnes avec un utérus » ?

Lire Edith Stein, c’est s’abreuver – après une longue traversée du désert qui s’appelle progressisme – à la simplicité de la nature et donc à la vérité. Cent ans plus tard, alors que les féministes enragent dans une colère vulgaire et s’aspergent d’une masculinité médiocre, cette philosophe devenue carmélite nous parle d’une voix ferme dans une forteresse de convictions.

Lire Edith Stein, c’est s’abreuver – après une longue traversée du désert qui s’appelle progressisme – à la simplicité de la nature et donc à la vérité.

Elle rassure les hommes et élève les femmes, face à une question qui bouleverse toujours à en croire les partisans du wokisme et de l’écriture inclusive : existe-t-il une essence féminine, et celle-ci permettrait-elle à la femme d’accéder à toutes les vocations ?

Toute la vie d’Edith Stein (1891-1942) fut pétrie de cette question. Déjà, lorsqu’elle était étudiante, elle militait pour le droit de vote des femmes allemandes. Elle avait excellé dans ses études de philosophie auprès de Husserl et obtenu un doctorat avec la plus haute mention, mais on lui refusa l’habilitation puisqu’elle était une femme. L’injustice fut réelle, car elle était non seulement habitée par une sincère vocation de la contemplation et du travail scientifique, mais elle avait aussi l’objectivité et le don intellectuel pour y réussir brillamment.

Le baptême, la confirmation, la profession des vœux s’enchaînèrent et l’intellectuelle ne doutait sans doute pas qu’elle rejoindrait l’autre Thérèse dans la sainteté après avoir trouvé la mort dans les chambres à gaz d’Auschwitz.

Toutefois, un esprit vif ne saurait reconnaître la défaite ni s’atterrer dans la frustration ; alors, le sien trouva refuge au carmel. L’aurait-on jamais deviné ? Née dans une famille juive, ayant perdu sa foi à l’enfance, son cœur n’exigea pourtant que quelques pages écrites par sainte Thérèse d’Avila pour achever sa conversion. Le baptême, la confirmation, la profession des vœux s’enchaînèrent et l’intellectuelle ne doutait sans doute pas qu’elle rejoindrait l’autre Thérèse dans la sainteté après avoir trouvé la mort dans les chambres à gaz d’Auschwitz.

La jeune Edith Stein aurait pu se révolter et dénoncer comme d’autres féministes de son époque le « patriarcat » et le « sexisme » qui avaient fauché sa carrière de rêve. Pourtant, la sérénité qui se dégage de son parcours et de ses paroles, sans jamais tomber dans la rancune, la bassesse ou l’abandon, nous surprend. Elle ne nous cache pas son secret : c’est bien la Grâce qui éclaire son esprit ! Et c’est encore la Grâce qui, selon toute apparence, la guidait dans son regard sur la femme et son destin au sein du monde moderne.

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Certes, les conférences de Stein nous viennent de loin, mais face aux manifestations féministes qui réclament l’indifférenciation des genres, puis la déconstruction des normes à la fois sociales et naturelles, ses paroles demeurent ô combien pertinentes.

Stein tranche d’emblée : « il n’existe pas de profession qu’une femme ne puisse exercer », aux conditions expresses que la femme ne néglige point la vie de famille si elle s’y est engagée, et qu’ensuite elle conserve son « ethos spécifiquement féminin ».

Même les carrières jugées masculines, telles les vocations politique ou scientifique, gagneraient « à être marquées du sceau » de cette Femme qui respecte sa nature.

Même les carrières jugées masculines, telles les vocations politique ou scientifique, gagneraient « à être marquées du sceau » de cette Femme qui respecte sa nature. Toutefois, c’est bien celle-ci qu’il nous faut définir face aux militants LGBTQ et aux adeptes des toilettes non-genrées.

Déjà, Stein nous rappelle salutairement que « l’espèce humaine se déploie en tant qu’espèce binaire » : ce sont deux âmes distinctes qui doivent habiter deux corps distincts, selon les thèses de saint Thomas d’Aquin. Alors que l’Homme est davantage porté vers ce qui est objectif (par exemple, les mathématiques, la technique, l’exploitation, le combat), la Femme, pour sa part, se penche vers la personne vivante, qu’elle assistera dans sa recherche d’épanouissement. La « maternité universelle », qui va au-delà du rôle d’épouse et de mère, est la haute mission féminine. Il va sans dire que, pour accompagner ainsi les êtres dans leur quête de réalisation personnelle, la Femme se doit d’être équilibrée psychologiquement et moralement.

Or, dans ses excès de féminité, la Femme devient vaniteuse, accaparante, susceptible, superficielle. Pour échapper à cette vie « purement instinctuelle, vide d’esprit et vide d’action », il lui faudrait apprendre des hommes, de leur objectivité et de leur pensée abstraite sans pour autant s’assimiler à leurs caractères. C’est justement cette assimilation qui nous contamine aujourd’hui, puisque les féministes sans repères s’identifient monstrueusement à l’homme et corrompent leurs propres natures.

L’originalité de notre carmélite est ailleurs : seule la Grâce de Dieu, à laquelle la Femme est par avance réceptive, peut « nous donner la force d’arracher les pousses sauvages en nous-mêmes », nous permettre de transcender la nature sans la rompre et incarner à nouveau le rôle de pilier social. Les lectrices d’Edith Stein se demandent : mais à quel prix ?

De la Vierge Marie jusqu’à Histoire d’O – disons-le sans rougir, car c’est tout aussi vrai dans la sexualité profane – l’on sait que c’est dans cet esprit de soumission toujours volontaire, toujours accomplie par amour, que la Femme trouvera la vraie liberté, comprise comme fidélité à elle-même.

À celui de l’abandon et de la soumission, ces éternels atouts féminins, contre l’obsession de contrôle et de domination qui marquent ce mal de siècle. De la Vierge Marie jusqu’à Histoire d’O – disons-le sans rougir, car c’est tout aussi vrai dans la sexualité profane – l’on sait que c’est dans cet esprit de soumission toujours volontaire, toujours accomplie par amour, que la Femme trouvera la vraie liberté, comprise comme fidélité à elle-même.

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Ce n’est pas nécessairement la Foi qu’il nous faut, à nous femmes, (bien qu’elle nous vienne plus aisément) pour recouvrer cette fidélité. Face au monde moderne, décomposé et machiné, on nous demande surtout une grande « dose de maturité », une réceptivité, une hauteur de vue et une générosité pour donner le meilleur de nous-mêmes.

Enfin, ce qu’Edith Stein exige de nous pour être véritablement et totalement femme, c’est un supplément d’âme.

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