Nitram, qui va suivre l’auteur du massacre de Port Arthur, est d’abord un précis de monstruosité australienne, pas si éloigné que ça des premiers Jane Campion. L’extériorité des grands espaces contraste avec des intérieurs exigus, comme la folie du meurtrier schizophrène que contraint sa famille et son logis. Cloche-pied et linéaire à la fois, le récit devient hélas trop attendu à mesure que le film se rapproche du terme avec une pudibonderie chichiteuse.
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C’est que Justin Kurzler abandonne un regard oscillant entre clinique et compatissant pour celui d’un simple réformateur anti-armes. Si l’honnête et appliqué Caleb Landry Jones a été récompensé à Cannes dans le rôle-titre, on retiendra pour notre part les compositions de Judy et Essie Davis – aucun lien de parenté – la première en mère moqueuse et malaimante, la seconde très impressionnante en héritière fantasque. Le film ne parvient pas à surpasser sa soudaine disparition.
Nitram (1h50), de Justin Kurzel, avec Caleb Landry Jones, Essie Davis, Anthony LaPaglia, en salles le 11 mai





