Les tenues vestimentaires font couler beaucoup d’encre en Allemagne, et particulièrement dans un lycée de Bavière, à Ebersberg. En effet, la chaleur revient, un bel été s’annonce et les jeunes Allemandes adaptent leurs tenues en conséquence. Mais ça dérange.
Dans ce collège-lycée, le code vestimentaire est ainsi vivement discuté. Avec les beaux jours qui reviennent, et face à la protestation de certains professeurs, les élèves protestent contre le règlement qu’ils considèrent comme discriminatoires et restrictifs pour les filles. Ces tensions se sont traduites par des manifestations au sein du lycée, avec des jeunes filles et garçons qui se sont habillés épaules et ventre nus pour revendiquer leur point de vue. « Le fait qu’une sorte de code vestimentaire règne à nouveau maintenant fait reculer le développement de la femme indépendante » a déclaré Matthias Spensberger, déléguée des élèves.
Ces tensions se sont traduites par des manifestations au sein du lycée, avec des jeunes filles et garçons qui se sont habillés épaules et ventre nus pour revendiquer leur point de vue.
Pour le directeur de l’école Markus Schmidl, il n’y a pas de discrimination : il estime simplement que les étudiants, filles et garçons, doivent porter des tenues descentes. Il dit ne pas comprendre la polémique, le règlement n’ayant pas changé depuis 2007 d’après ses dires. À cette date, il stipulait déjà que le port de « vêtements appropriés et non choquants » était obligatoire à l’école. Même si cette règle est assez floue et que le droit scolaire bavarois ne contient aucune prescription sur la manière dont les élèves doivent généralement s’habiller, il est tout à fait logique que dans un environnement scolaire, la tenue vestimentaire soit encadrée. L’affaire aurait donc pu en rester là, les uns prônant la bienséance académique contre les revendications libertaires des autres. Mais une déclaration du proviseur porte à confusion.
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Des pressions de communautés religieuses ?
En effet, un article publié par le quotidien local Merkur le 15 mai rapporte que certains des enseignants qui ont rappelé à l’ordre les élèves sont d’origine étrangère. Et les déclarations de Markus Schmidl sont troubles : il indique que son école est une « société ouverte sur le monde » où « le droit de l’individu s’arrête là où les autres se sentent dérangés ». L’argument est pour le moins étrange puisque la vie en société suppose, sauf à tout interdire, que l’on soit quelquefois irrité par les pratiques d’autres, ce qui ne suppose en rien qu’elles doivent être interdites (du reste en France, les personnes qui se sentent « dérangées » par le burkini n’ont pas leur mot à dire). Pour le proviseur, il faut donc prendre en compte les cultures étrangères des personnes issues de l’immigration – professeurs et élèves – que l’on peut trouver au sein du collège-lycée, et leur adapter nos mœurs.
Et les déclarations de Markus Schmidl sont troubles : il indique que son école est une « société ouverte sur le monde » où « le droit de l’individu s’arrête là où les autres se sentent dérangés ».
Une mère se dit « très surprise et irritée par cette discussion ». Bien qu’elle considère « qu’il va de soi que l’école est un lieu d’apprentissage qui doit être soutenu par le respect mutuel et favoriser le libre épanouissement de la personnalité », elle rejoint la position du délégué de classe : « Qu’enseigne-t-on ainsi aux jeunes filles ? Si ta jupe est trop courte, tu irriteras les hommes ? Tu détournes ainsi les autres garçons de leurs études ? Tu te couvres pour ne pas irriter les autres ? Tu sexualises ainsi les mineurs. C’est profondément sexiste », affirme-t-elle.
En bref, le directeur de l’établissement est pris en étau entre une partie de son école qui revendique plus de liberté pour la femme, et l’autre, notamment d’origine étrangère, qui refuse de voir des jeunes filles habillées légèrement. Pour essayer de s’en sortir, il se cache derrière l’académisme, mais son argumentaire semble indiquer qu’il le fait par multiculturalisme.





