De la bataille de Fornoue durant les guerres d’Italie où l’expression surgit de l’effarement des Italiens devant l’acharnement des Français, jusqu’à la charge à la baïonnette du 27 mai 1995 à Sarajevo, la « fureur française » caractérise un certain tour national dans la manière de se comporter à la guerre. Quand ce peuple débonnaire, indolent, indocile, en situation critique, privilégie l’offensive à outrance et se montre capable d’un déchaînement de violence qu’on peut juger héroïque ou sauvage, c’est selon, il y a toujours de belles pages épiques qui s’écrivent dans le sang.
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Après une belle préface, Raphaël Romeo raconte dix batailles, de Fornoue (1495) à Beni Smir (1960), où ce trait français se fait sentir. On peut regretter que le dauphinois Bayard soit qualifié de savoyard ou que l’idée-force du livre demeure assez peu développée (on aurait aimé voir davantage détaillée cette singularité), reste que les batailles sont décrites avec autant de passion que de précision et que de superbes anecdotes couronnent le récit des faits d’armes. Un bon euphorisant.

Ring, 368 p., 19,95€





