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Vers un langage mondial des quartiers

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Publié le

26 août 2022

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En France, les banlieues ont gagné la bataille culturelle. Mais il n’est pas dit que ce langage ne soit pas lui-même grand-remplacé par quelque chose de plus mondial, plus créolisé. Analyse.
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Lorsque votre connard de neveu gauchiste parle comme un indigène du 93, ça vous retourne le Bescherelle n’est-ce pas ? Eh bien, sachez que ce petit fumier parle encore une jactance qui vous est à peu près intelligible. Car dans quelques années, c’est terminé. Fini le françwesh, bonjour le rastafanglais !

Car la grande mode est au MLE ou « Multicultural London English » ou encore « Jafaican ». Les vieux punks à la crête fatiguée connaissent tous le cockney, cet argot blanc si typique de l’East End de Londres et lieux circonvoisins. Shane MacGowan des Pogues ne parle pas avec l’accent irlandais, mais bien avec celui des zonards et des prolos de l’est londo- nien, idem pour Johnny Rotten, la putain d’icône de 77 qui torche actuellement le cul merdeux de sa femme Alzheimer. Ce qui constitue en soit le firmament d’une carrière de punk destroy ! Mais à part pour les vieux nostalgiques au poil blanc, le cockney c’est mort.

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Car aujourd’hui, les jeunes londoniens parlent le MLE. C’est-à-dire un mélange de cockney, de créole jamaï- cain avec un poil d’arabe et de manouche. Et dans le mix dance hall, c’est surtout le créole jamaïcain, le « patwa », qui a pris le dessus. Fascination du blanc pour le Tiers-Monde… Selon le Telegraph, le MLE aura remplacé tous les argots urbains du Royaume-Uni d’ici 100 ans, selon le Guardian le délai pourrait même être ramené à 40. Car si le cockney était le parler prolo londonien, chaque ville anglaise avait son baragouin à elle. Aujourd’hui, c’est terminé. Fini l’accent et la jergoiserie des Pinky Blinders, maintenant à Birmingham comme à Manchester, les jeunes blancs parlent tous ce dérivé de jamaïcain à pattes jaunes !

Et la mode suit la sous-musique d’eau de chiotte qu’est le rap mondialo sous sa forme UK drill ou grime. Exporté par les stars britanniques du genre, le MLE est devenu le summum de la coolitude en Irlande mais également aux Pays-Bas, Finlande ou Australie. Même à l’autre bout du monde, les pères honnêtes doivent se cogner l’argot banlieue des Londoniens ! Un peu comme si au Québec, les ados weshaient comme les immigrés à casquette qu’on voit défiler chez Hanouna.

Car si le cockney était le parler prolo londonien, chaque ville anglaise avait son baragouin à elle. Aujourd’hui, c’est terminé

L’anglais a colonisé linguistiquement la terre entière. Pour l’instant, c’était surtout par le haut via le globish mondial du milieu des affaires et des graphistes à lunettes carrées. Mais au moins, eux, essayaient de singer l’anglais de la BBC. Avec le MLE, c’est un sous-créole anglais qui pourrait coloniser les ploucs par le bas. Vous entendez déjà vos gosses vous parler un amphigouri mi-quartchier mi-south park mi-youtube, demain ce sera un français MLEisé. Heureusement que les Gaulois sont archi-nuls en langue parce que comme les Néerlandais ou les Finlandais, ils pourraient facilement perdre leur Larousse pour une sorte de métèquerie Rn’B. En prévision, les linguistes parlent même d’Anglais Britannique Urbain Multiculturel (MUBE) qui devrait servir de référence mondiale jusque dans nos villages dans quelques décennies de ça.

En France, il est évident que la banlieue et les quartchiers ont gagné la bataille culturelle. Regardez vos gosses ! Leur langage araborosbiff, façon de se saluer, les doigts tout bizarre, même la façon de marcher ! Merde quoi, ça ne sort quand même pas de Brive-la-Gaillarde toute cette merde ! Culturellement, nous sommes colonisés par un mélange de Snoop Doogy Dog et de Rachid l’Algérien mélangé de Sénégalais à de Monde & Vie on Vous poil dur. Jusque dans les bureaux l’entend cette saloperie ! allez à Écône, chez les Saint-Pie X, ça se tchecke wesh-wesh toute la journée !

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Mais demain, il n’est pas dit que cette langage de « banlieue » ne soit pas lui-même dépassé pour aller vers quelque chose de plus mondial. De plus « créolisé ». Avec un poil de jamaïcain et d’espagnol de gangs du Salvador par là-dessus. Faudra retraduire Victor Hugo et Maurras. Eh oui ! Ah, ça promet les discussions de dîners de Noël avec Mémé !

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