Le 6 juillet, le Sénat a rendu son rapport sur « la reconstruction de la souveraineté économique ». Les sénateurs commencent par un constat : la France subit une perte de souveraineté bien plus profonde que ne l’admet le gouvernement. Le fait est qu’entre 2020 et 2022, le pays a connu un grand nombre de crises révélant les faiblesses économiques et la dépendance de la France vis-à-vis des autres pays. Par exemple, nous sommes dépendants à 100 % de la Chine pour les terres rares, à 80 % de l’Amérique du Sud pour le lithium et à 70 % de l’Afrique pour le cobalt.
Face à ces problèmes de dépendance, les sénateurs exposent différentes solutions. Dans un premier temps, ils préconisent d’actualiser et d’étendre l’inventaire des ressources minières du sous-sol français, en vue de restaurer une capacité de production et de transformation nationale durable de métaux critiques pour la transition énergétique, et de développer l’effort de recherche et d’innovation dans la filière minière tout en accélérant la délivrance de permis d’exploration et d’exploitation minières. Enfin, ils exhortent à promouvoir une approche durable de la mine dans la réforme du code minier et dans la « taxinomie » verte européenne.
Lire aussi : Jean-Guilhem Darré : « La situation économique des indépendants et des TPE est de plus en plus tendue »
Il faut remonter jusqu’aux années 70 pour trouver les dernières études de matériaux sur le sol français. Des travaux ont été commandés d’abord par les services centraux du Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM), puis par ses services régionaux avec pour objet principal l’évaluation du potentiel national de gisements en roches massives ou en alluvions. Le Sénat veut donc relancer les études et les approfondir afin de connaitre davantage le sol français car l’inventaire ne descend pas en-dessous de 300 mètres. Le programme s’étend sur trois ans et concerne l’ouest du Massif central, pour commencer pour l’étendre ensuite à l’ensemble de l’hexagone et de nos territoires d’outre-mer et des fonds marins. Selon le Bureau des Recherches Géologiques et Minières, le coût total de cet inventaire s’élèverait entre 50 et 70 millions d’euros.
Le rapport préconise donc de « relancer la filière minière française, et répondre ainsi aux besoins économiques et difficultés géopolitiques actuels ». La transition énergétique repose sur les métaux critiques, soulignent-ils, en rappelant qu’on dénombre 15 grammes de terres rares dans un smartphone, voire plus pour d’autres objets comme les batteries électriques (environ 5 kg).
Pour le PDG du groupe minier français Eramet, Christel Bories, il faudrait plus d’acteurs et d’investisseurs dans les activités minières afin d’extraire et produire les métaux indispensables à la transition énergétique. Selon elle, si les Européens exploitaient tous les gisements disponibles sur le Vieux Continent, cela suffirait à combler 15 % à 20 % de leurs besoins seulement pour équiper les pales d’éoliennes ou encore les batteries automobiles avec des métaux indispensables comme le nickel ou le lithium. De plus madame Bories estime que la possibilité d’ouvrir des mines en France est possible mais que cela serait long et compliqué tout en précisant que des méthodes existent pour faire de la mine en respectant la biodiversité.
Ce plan de reconstruction pourrait donc être bénéfique mais cela prendra beaucoup de temps : dix-sept ans en moyenne en France entre la découverte d’un gisement et sa mise en production.





