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Charles III : God Save the Commonwealth

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Publié le

26 septembre 2022

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Charles III devient roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord mais aussi chef du Commonwealth, ce qui lui donne les titres de roi du Canada, roi d’Australie, roi de Nouvelle-Zélande et de onze autres royaumes et protecteur du Commonwealth, une organisation internationale regroupant deux milliards et demi d’habitants, soit un tiers de l’humanité.
Charles III

Rappelons que le Commonwealth est né en 1926 de l’union de six membres : l’Empire britannique, l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, l’Irlande et Terre-Neuve (l’Irlande se retirera en 1949). L’enjeu, suite aux Conférences impériales et à la déclaration Balfour de 1926, était de garantir un lien entre l’Empire britannique et les dominions, États indépendants membres de l’Empire britannique dont la souveraineté était désormais garantie. Il s’agissait donc d’une association d’États souverains et égaux ayant en commun une allégeance envers la couronne britannique. En 1952, lorsqu’Élisabeth II monte sur le trône, le Commonwealth est constitué de neuf membres : le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande, l’Afrique du Sud, le Pakistan, l’Inde et le Sri Lanka. En 2022, c’est une association de 56 États couvrant les cinq continents.

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Pendant son long règne, Élisabeth II a été le témoin privilégié de l’évolution du Commonwealth. Sa fonction de chef est certes symbolique, mais elle l’a pleinement assumée, s’exprimant même à l’Assemblée générale des Nations-Unies en tant que chef du Commonwealth et effectuant pas moins de 170 visites dans les États membres. Elle fut ainsi le premier monarque à visiter l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Elle se rendit même au Québec en 1964 malgré les rumeurs relayées par la presse selon lesquelles un attentat contre sa personne serait préparé. Cette importance attachée à la représentation dans le monde explique les propos de Liz Truss lors de l’hommage qu’elle lui rendit : « Elle défendît le développement du Commonwealth d’un petit groupe de sept pays à une famille de 56 nations couvrant tous les continents du monde. »

La notoriété du Commonwealth est telle que la quasi-totalité des anciennes colonies britanniques en est devenue membre. Cette organisation internationale ne dispose pas d’une force contraignante mais nécessite l’adhésion à une charte comportant des « valeurs fondamentales » : démocratie ; droits de l’homme ; paix et sécurité internationale ; tolérance, respect et compréhension ; liberté d’expression ; séparation des pouvoirs ; État de droit ; bonne gouvernance ; développement durable ; protection de l’environnement ; accès à l’éducation, à la santé, à la nourriture et au logement ; égalité des sexes ; importance des jeunes dans le Commonwealth ; reconnaissance des besoins des petits États ; reconnaissance des besoins des États vulnérables ; rôle de la société civile. En outre, la Charte mentionne une « force résidant dans la combinaison de la diversité et de l’héritage commun » des États membres et une « voie consistant à rechercher le consensus par la consultation et le partage d’expériences ». Plus concrètement, les États membres bénéficient d’accords tels que des « working visas » pour les ressortissants ou la coopération par l’apport de technologies.

La question brûlante est désormais de savoir si Charles III parviendra, comme l’a fait Élisabeth II, à maintenir l’unité, très symbolique, du Commonwealth

Dans cette coopération entre nations libres et souveraines, il n’y a que peu de choses à voir avec l’expérience qu’a pu vivre le Royaume-Uni pendant sa période au sein de l’Union européenne. L’attractivité du Commonwealth est telle que même des pays sans lien historique avec le Royaume-Uni l’ont rejoint : en 1995, le Mozambique, ancienne colonie portugaise ; en 2009, le Rwanda, ancienne colonie belge ; et en 2022 le Gabon et le Togo, deux pays francophones et anciennes colonies françaises. La question brûlante est désormais de savoir si Charles III parviendra, comme l’a fait Élisabeth II, à maintenir l’unité, très symbolique, du Commonwealth alors que certains six États des Caraïbes, comme Belize ou La Barbade, ont déjà annoncé qu’ils le quittaient.

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