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Législative partielle dans les Yvelines : la droite la plus bête du monde

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Publié le

5 octobre 2022

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Malgré les exemples suédois et italiens, la droite a raté ce dimanche sa qualification au second tour lors d’une législative partielle à cause de sa division en trois chapelles. La droite la plus bête du monde qu’on vous dit.
yvelines

Encore raté. Lors du premier tour de la législative partielle dans la 2e circonscription des Yvelines, aucun parti de droite n’a été capable de se qualifier au second tour. Comme en juin dernier, ce seront donc le ministre Jean-Noël Barrot (MoDem, 42,29% à + 8 points) et Maïté Carrive-Bedouani (Nupes, 18,60% à – 4 points) qui s’affronteront au second tour pour le siège vacant au Palais Bourbon.

Et pourtant, Dieu sait qu’il y avait de la place, puisque ce sont pas moins de trois candidats de droite qui suivent le duo de tête : Pascal Thévenot (LR, 17,80% à + 3 points) suivi par Laurence Trochu (Reconquête, 11,07% à + 3 points) et Anne Jacqmin (RN, 8,62%, score constant). S’il est difficile de tirer des leçons du point de vue des dynamiques électorales, puisque l’abstention a atteint 73,33%, il est un enseignement qui crève les yeux : la droite, si elle s’était unie autour d’une candidature unique, aurait très facilement atteint le second tour.

Lire aussi : Laurence Trochu : « Hors Reconquête et ses alliés, personne ne fait entendre la voix de la droite civilisationnelle »

Évidemment, chaque candidat a beau jeu de rejeter la responsabilité sur ses petits camarades. Ainsi par exemple, Pascal Thévenot reproche à Laurence Trochu d’avoir « divisé les voix de la droite », ce qui lui a valu d’échouer à 180 voix de la candidate Nupes. Accusation dont se défend la candidate Reconquête : « Je lui ai fait la proposition de l’union de la droite qu’il a refusée. Tant que LR n’acceptera pas de travailler avec une ligne plus conservatrice, ils ne s’en sortiront pas. À Versailles, Pascal Thévenot arrive loin derrière (529 voix), alors qu’avec une suppléante Reconquête, il serait passé au second tour ».

En clair, sans présager des responsabilités des uns et des autres, les candidats soutenus respectivement par François-Xavier Bellamy, Marion Maréchal et Jordan Bardella (les trois ont fait le déplacement sur le terrain durant la campagne) n’ont pas su s’entendre, sans que l’on sache encore quelle différence insurmontable empêche ces trois personnalités de s’accorder sur une base commune – hormis la couleur de leur étiquette. À l’heure des unions triomphantes de la droite en Suède et en Italie, et contre une Nupes en ordre de bataille, les droites françaises préfèrent donc perpétuer les vieilles logiques d’appareil – quand elles ne sont pas simplement conduites par la tyrannie des égos. « L’union des droites pourquoi pas, mais derrière moi, avec mon programme et selon mes modalités ! »

Trois candidats, censés partager un même souci du bien commun contre le petit nombrilisme de gauche, grandiloquents comme il faut quand ils évoquent leur amour du sol natal, s’en retrouvent donc, par la force des choses, à choisir la boutique

Trois candidats, censés partager un même souci du bien commun contre le petit nombrilisme de gauche, grandiloquents comme il faut quand ils évoquent leur amour du sol natal, s’en retrouvent donc, par la force des choses, à choisir la boutique. Personne pour s’effacer en convoquant l’intérêt supérieur de la patrie. Pas un pour se retirer, par sens du devoir, ou de l’honneur, ou des « responsabilités » comme ils disent. Aucun pour servir la France notre mère par le sacrifice fort modeste de soi, au nom de ce même sentiment d’urgence qu’ils invoquent à longueur de discours. Et comme ça ne se fait pas, chacun insiste sur les différences plutôt que sur les convergences, se replie et insulte, explique que rien n’est possible et que de toute façon, rien ne se fera jamais. On aimerait avec le général de Gaulle que le régime des partis ne soit qu’une « pagaille » ; il est en vérité une vilénie.

C’est le jeu politique, se défendront les cyniques. Auquel cas il faudrait commencer à s’interroger sérieusement sur les règles dudit jeu, ainsi que sur les motivations réelles de ses joueurs. Car ce jeu est en vérité une aventure vieille de 1500 ans qui s’appelle la France, mais dont la partie fameuse menace de terminer rapidement si les uns et les autres continuent de jouer. Qu’on siffle donc la fin de la récréation.

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