On date de l’été 2018 la disparition du service du protocole de l’Élysée. Très précisément du 28 août, au moment de la visite officielle du président Macron à Copenhague, qui s’était rendu au dîner de gala donné en son honneur par la reine du Danemark vêtu, tenez-vous bien, d’une très improbable jaquette qu’il portait avec chemise, nœud-papillon et gilet d’habit. Vous m’avez bien lu. Même les scénaristes de Downton Abbey n’auraient osé imaginer pareille forfaiture. La presse people avait commenté l’évènement en trouvant le président « très élégant », ce qui est souvent mauvais signe.
Depuis ce sinistre dîner, qui nous avait fait prendre conscience qu’il y avait quelque chose de pourri en visite au Royaume du Danemark, le protocole élyséen est tenu avec beaucoup de brio par des designeurs en marques de luxe qui relookent en fonction des tendances et des saisons Manu et Brigitte, avec le même goût et le même discernement que pour leurs égéries habituelles – savoir Rihanna, Justin Bieber ou mademoiselle Ellen Page.
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La fin de l’abondance n’est pas encore au programme pour Brigitte, qui ne sort pas avec moins de 10 K sur le dos, généreusement dotée par son amie Delphine Arnault, tandis que, dissonance cognitive oblige, on communique à tire-larigot sur les costumes à 300 euros du président. Entendons-nous bien : il aurait été tout à fait souhaitable que le président de la République promeuve l’excellence du savoir-faire français en la matière, qui est immense, plutôt que de se vanter de porter des chiffes moyen-de-gamme fabriquées en Turquie.
Mais revenons à nos moutons. Quatre ans après l’affaire danoise, le service du protocole semble avoir définitivement fait les frais du virus ou de la guerre en Ukraine, et on a pu assister au superbe déboulé du couple présidentiel à Londres la veille de l’enterrement de la Reine Élisabeth II dans un improbable combo basket/costume dépareillé/lunettes de playboy. « Hourra ! » titra la presse people. « Scandale ! » dirent les droitards. « Les stremedroates détestent-elles les baskets ? » s’interrogèrent Slate et Konbini. Bien loin de tout cela, les stremedroates au contraire se réjouissaient de voir s’éroder un tout petit peu plus le semblant de dignité qui restait à la fonction présidentielle. Macron sapé comme un VRP aux obsèques d’une Dame qui a incarné un pays et un siècle, quel meilleur résumé de ses mandats ?





