Après le polar (La Nuit nous appartient), le mélo (Two lovers) et la science-fiction (Ad Astra), James Gray ose l’autobiographie. Un choix surprenant pour ce cinéaste discret, et qui n’a cessé tout au long de sa très belle filmographie d’habiller ses questions existentielles derrière des films de genre. Armageddon Time nous plonge dans le New York des années 80 à la suite du jeune Paul Graff (roux aux yeux bleus comme Gray) qui se lie d’amitié avec Johnny, un camarade de classe mis au ban parce que noir.
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Sa caméra se plante à hauteur d’enfant pour n’épouser que son point de vue, celui de la perte de l’innocence d’un gamin confronté aux blessures familiales du passé et du présent. Les obsessions du cinéaste sur la transmission et l’amour paternel contrarié, qui jalonnaient ses précédents films, sont exposées ici sans fard, et offrent quelques scènes sublimes. Cependant, l’ensemble, filmé trop sobrement et circonscrit à une époque et à une histoire très personnelle, perd franchement en puissance.
Armageddon Time (1h54) de James Gray, avec Anne Hathaway, Anthony Hopkins, Jeremy Strong, en salles le 9 novembre





