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L’Opéra de Paris : se ruiner au nom du woke

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Publié le

12 décembre 2022

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Opéra, ballet, musique classique : autant de loisirs empreints de sexisme, racisme et autres tares du mâle blanc hétérosexuel (et chrétien), que le fanatisme woke se charge de dénoncer et d’amender.

Par quels moyens ? Déjà, en exigeant la déprogrammation des œuvres pouvant froisser la sensibilité diversitaire : à Noël, plus de Casse-Noisette, avec ses danses exotiques et autres stéréotypes eurocentrés. Ensuite, en veillant au respect d’une nouvelle éthique théâtrale (codifiée entre autres dans un rapport de Pap Ndiaye pour l’Opéra de Paris) : point de chanteurs blancs grimés dans Otello ou Aida – que Lotte de Beer, à l’Opéra Bastille, remplace par une marionnette noire – quand bien même un chanteur blanc serait encore autorisé à incarner le Maure de Venise ou la princesse éthiopienne.

Mais surtout, au lieu d’éclairer la dramaturgie, la mise en scène doit servir désormais un propos militant : renverser les dominateurs ayant, de tout temps, opprimé telle ou telle minorité. Ainsi des Noces de Figaro version 2022 au Palais Garnier, où Netia Jones invente un soulèvement féministe aux allures syndicales. Ou du Parsifal déconstruit de Richard Jones, à l’Opéra Bastille, où le souffle mystique de Wagner est désacralisé, voire tourné en dérision.

Lire aussi : [Enquête] Culture : bilan d’une année woke

Sans parler de ce qui arrive régulièrement sur la plupart des scènes nationales, lieux d’expérimentation où une nouvelle génération de metteurs en scène « engagés » déconstruit les œuvres – jusqu’à réécrire, parfois, tel passage du livret ou à rajouter des intermèdes didactiques – non plus seulement pour actualiser les thèmes ou par simple goût de la provocation, mais pour exercer une véritable pression idéologique ou persuasion morale.

Stratégie payante ? Pas vraiment, si l’on en juge par la programmation d’une maison – l’Opéra de Paris – dont les recettes de billetterie couvrent 35 % d’un budget pharaonique (230 millions d’euros dont l’État ne finance que 43 %, contre 80 % versés aux autres institutions lyriques) : une saison 2022-2023 qui, à l’exception de quelques productions fortement « engagées » – telle la récente Salomé féministe-gore selon Lydia Steier – est truffée de reprises de spectacles assez neutres, voire consensuels, censés faire salle pleine, dans l’espoir de redresser les finances d’ici à 2025. Impossible, pour la « grande boutique », de satisfaire davantage une idéologie peu rentable. Au moins jusqu’à l’assainissement des comptes. Mais après ?

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