Skip to content

[Idées] Allons dire à Sparte

Par

Publié le

26 janvier 2023

Partage

Dans son dernier ouvrage, le très érudit Michel De Jaeghere retrace avec maestria l’histoire entière de la Grèce antique, en quête des origines du patriotisme.
salamine

Le très érudit Michel De Jaeghere, directeur du Figaro histoire notamment, est en sus parfois très drôle : au terme de ces près de 700 pages serrées, admirablement écrites, où l’histoire entière de la Grèce antique, des Guerres médiques à la chute définitive d’Athènes, suivant à la trace Hérodote, Diodore, Plutarque et Thucydide, défile sous les yeux du lecteur captivé, on tombe sur cette annotation : « Merci à François d’Orcival pour m’avoir encouragé, en 1990, à terminer ce livre le plus rapidement possible ». Aussi lent et magnifique qu’une armée du Mède, De Jaeghere a mené à son terme, six lustres plus tard, son Enquête à lui : renouvelée, admirablement contée, l’entreprise inouïe du monde hellénique, celle de la constitution d’une « patrie », prend une dimension supplémentaire en tant qu’il cherche à en faire un écho lointain de nos péripéties contemporaines.

Lire aussi : Sam Szafran : génie confidentiel

Cette patrie grecque est éminemment particulière, non seulement parce que Sparte et Athènes, la terre et la mer, s’y disputent des versions contradictoires, mais aussi parce qu’elle se constitue face à l’empire perse, à quoi elle oppose la piété filiale, l’honneur, le sentiment panhellénique, c’est-à-dire la conscience d’appartenir à la même civilisation, de vénérer les mêmes dieux et de professer des vertus communes. En ce sens, elle est ce « miracle » parce que ce qui s’est passé ici n’a pas d’équivalent. On regrettera quelques parallèles aventureux, notamment une apologie du Pétain de 40 quand la manœuvre de Thémistocle abandonnant Athènes pour mieux la sauver depuis Salamine rappellerait plutôt le de Gaulle de Londres. Reste un magistral cours d’histoire, à mettre entre les mains de tous, une leçon de courage pour se souvenir d’où l’on vient. Et rêver où l’on va.


LA MÉLANCOLIE D’ATHÉNA (L’INVENTION DU PATRIOTISME), MICHEL DE JAEGHERE
Les Belles Lettres, 634 p., 24,90 €

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest