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Nicolas Bay (R!) : « La défense de la liberté d’expression est à géométrie variable »

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Publié le

3 février 2023

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Une fois n’est pas coutume, les délits d’opinion frappent les responsables politiques de droite. En effet, le Parlement européen a voté ce jeudi 2 février la levée de l’immunité de l’eurodéputé français Nicolas Bay, vice-président de Reconquête !, pour avoir dénoncé la construction d’une mosquée monumentale à côté d’Évreux. Entretien.
NicolasBay

Votre immunité parlementaire vient d’être levée par les eurodéputés en session plénière à la demande du ministre de la Justice française Éric Dupond-Moretti. Comment s’est déroulé le vote ?

Le vote en plénière a été assez partagé parce qu’il se faisait à main levée et non par appel nominal, donc ce n’est pas une comptabilité exacte. Il y a tout de même environ 200 députés patriotes, souverainistes et conservateurs qui ont voté contre la levée de mon immunité. On voit bien derrière tout ça qu’il s’agit d’un vote très politique.

L’immunité parlementaire est d’abord une question de liberté publique, en l’occurrence de liberté pour les parlementaires de s’exprimer librement sans subir de pressions. C’est la volonté du législateur. Aujourd’hui, c’est en fonction de considérations politiques et par le vote de députés – c’est-à-dire d’adversaires politiques – qu’on maintient ou qu’on retire l’immunité à un autre député. Le système est dévoyé.

Quelles sont les raisons de cette levée d’immunité ?

Dans cette affaire, les choses sont assez simples. J’avais fait une vidéo en juin 2021 pour dénoncer la construction d’une mosquée monumentale à côté d’Évreux, en Normandie. Il s’agissait d’une mosquée avec un minaret de quinze mètres, d’une école coranique intégrée, des locaux de 5 000 m². En clair, ce n’était pas une simple salle de prière discrète.

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J’avais dit alors qu’il s’agissait de l’affirmation sur notre sol d’un islam politique qui lui-même faisait le lit au communautarisme et à l’islamisme. J’avais exprimé une inquiétude, exposé une réalité politique et décrit des phénomènes de société. Je ne m’en suis absolument pas pris à des personnes. De ce fait, l’accusation de provocation à la haine raciale est totalement infondée. Ce sont des élus socialistes d’Évreux qui ont fait une dénonciation au parquet. Celui-ci et le ministre de la Justice ont demandé la levée de mon immunité.

Vous êtes maintenant exposé à des poursuites judiciaires pour « provocation à la haine raciale ». Est-ce pour vous un délit d’opinion ?

On est typiquement dans le délit d’opinion et dans l’atteinte à la liberté d’expression. Ce qui est grave, c’est qu’il y a atteinte à la liberté d’expression d’un parlementaire, dont le rôle est précisément de porter la voix et les idées de millions de concitoyens. Je ne considère évidemment pas que les parlementaires devraient avoir de protections particulières. Si j’avais commis un délit ou un crime, ce serait parfaitement normal que mon immunité soit levée. En réalité, les parlementaires bénéficient d’une immunité justement pour pouvoir exprimer librement les idées de leurs électeurs et honorer le mandat qui leur a été confié par les Français. Remettre en cause mon immunité parlementaire, c’est m’empêcher d’exercer de manière normale mon mandat et d’être le porte-voix des Français et des Françaises qui m’ont élu.

Ces poursuites judiciaires sont une remise en cause très grave de la liberté d’expression et d’opinion. Il y a un paradoxe dans notre pays. On dénonce à juste raison les atteintes à la liberté d’expression pour certaines personnes qui en sont victimes, mais d’autres n’ont pas le droit à cette liberté parce qu’ils sont patriotes, parce qu’ils dénoncent l’immigration et l’islamisme. La défense de la liberté d’expression est à géométrie variable. Finalement, selon qui vous êtes, vous avez le droit ou non à la liberté d’expression.

Quelles sont les voies de recours ?

J’attends très sereinement les suites judiciaires. Il y a une enquête préliminaire qui est ouverte donc je vais sans doute être auditionné dans ce cadre et je me défendrai. J’expliquerai en quoi je défends mes opinions politiques, je défends des idées et des positions qui sont partagées par des millions de Français. Si Éric Dupond-Moretti me poursuit devant la justice et ses tribunaux, j’irai me défendre. On voit bien qu’aujourd’hui, on essaye d’interdire tout débat sur l’immigration, sur l’islam politique et sur le communautarisme, en s’appuyant sur une loi communiste, la loi Gayssot, qui avait été adoptée dans les années 90. L’objectif de cette loi est d’empêcher tout débat sur des sujets qui me paraissent fondamentaux.

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En ce qui concerne la construction de la mosquée, du minaret et de l’école coranique, où en sommes-nous?

La construction est très avancée. Les pouvoirs publics locaux ont fait preuve de beaucoup de bienveillance à l’égard de la construction de cette mosquée monumentale. Il n’y a pas d’outil juridique à ma connaissance qui puisse empêcher la construction de cette mosquée. S’il y avait des recours possibles, ils ont déjà été engagés. Finalement, le seul moyen de recours dont on dispose est la mobilisation, notamment la mobilisation dans les urnes. Notre rôle à Reconquête! est de dénoncer les pouvoirs publics qui facilitent l’installation de cette mosquée. Ça n’a rien à voir avec le respect des croyances de chacun : c’est l’affirmation dans l’espace public d’un islam dont la dimension politique est plus évidente que jamais.

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