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Le RN à l’assaut des zones à faibles émissions mobilité

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Publié le

11 janvier 2023

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À l’occasion de sa niche parlementaire, les députés du Rassemblement national vont proposer ce jeudi 12 janvier d’abolir les zones à faibles émissions mobilité (ZFE). Quand écologie et social ne font pas bon ménage.
MArine

Après avoir mené ses dernières campagnes sur le thème du pouvoir d’achat, Marine Le Pen, appuyée par ses 88 députés, entend bien continuer à se faire le porte-voix de la grogne sociale. Dans un contexte d’inflation record et d’augmentation des prix du baril d’essence, le Rassemblement national s’attaquera jeudi aux ZFE, dispositif institué en août 2015 sous le mandat de François Hollande, dans le cadre de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

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Aujourd’hui, treize métropoles sont déjà concernées par ces ZFE, dont Paris, Rouen, Strasbourg, Aix-Marseille, Lyon, Grenoble etc. Le gouvernement souhaite étendre leur nombre à 43 d’ici 2025, en y incluant toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants. En clair, les automobilistes pourront circuler dans ces villes à condition qu’ils soient munis d’une vignette Crit’Air 0, 1 ou 2. Seulement, la France compte à ce jour près de 17,5 millions de véhicules classés Crit’Air 3, ce qui représente près de 40% du parc automobile.

La mise en place d’un tel dispositif obligerait donc les ménages les plus modestes qui roulent souvent avec des véhicules dits « non-propres » à changer de voiture. 42 % des automobilistes ont néanmoins confié être déterminés à rouler malgré l’interdiction, au risque de s’exposer à des amendes. L’ombre des Gilets jaunes n’est pourtant pas très loin, mais le gouvernement semble avoir la mémoire courte.

L’ombre des Gilets jaunes n’est pourtant pas très loin, mais le gouvernement semble avoir la mémoire courte.

Face à cet étranglement financier, le député RN Pierre Meurin, rapporteur de la proposition de loi, va jusqu’à qualifier cette mesure de « séparatiste ».

De son côté, Edwige Diaz, vice-présidente du RN et députée de la 11è circonscription de Gironde, connaît bien la problématique puisque Bordeaux va mettre en place une ZFE. Elle s’interroge : « Comment vais-je pouvoir expliquer à mes électeurs qui galèrent déjà à trouver un travail qu’ils ne pourront plus se rendre à Bordeaux pour en chercher ni pour en exercer un ? » Elle considère que « cette mesure complètement excluante, discriminatoire et fracturante a été votée par des gens déconnectés ».

Le Rassemblement national n’est pas le seul mouvement politique à sonner le tocsin. Les militants de Reconquête se sont mobilisés à Bordeaux et dans les autres villes concernées pour « défendre le droit des Français de circuler avec leur voiture ».

Les militants de Reconquête se sont mobilisés à Bordeaux et dans les autres villes concernées pour « défendre le droit des Français de circuler avec leur voiture ».

Qualifiant les ZFE de véritables « Zones Français Exclus », le parti d’Éric Zemmour a également lancé une pétition en ligne. Pour Stanislas Rigault, président de Génération Z : « Avec les ZFE vous pouvez dire adieu à vos Clios III, 206, C4 et consorts : à la casse, et que ça saute ! Et tant pis si votre exemplaire tourne comme une horloge : vous êtes prié de débourser quelques milliers d’euros au moins pour avoir à nouveau le droit de circuler dans votre propre pays ».

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Alors si cette proposition d’abolir les ZFE a peu de chance d’être adoptée, elle confirme la volonté du Rassemblement national de tenir sa ligne sociale, de Reconquête d’être entendu dans le débat public sans représentant à l’Assemblée, de LR d’être la béquille de la majorité présidentielle. Et de LFI de s’enfoncer dans la bêtise. Ainsi, en conférence de presse ce mercredi, Marine Le Pen ironisait sur les « leçons de démocratie » de la France insoumise qui ne compte pas siéger demain et boycotter la niche du RN.

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