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Sicile : la droite dans la main de Berlusconi ?

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Publié le

8 novembre 2017

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Berlusconi

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Les élections régionales du 5 novembre en Sicile ont confirmé la défiance du pays envers Matteo Renzi et annoncent un basculement à droite au niveau national au printemps prochain.

 

Encore une fois la Sicile se révèle un laboratoire politique d’un grand intérêt : la coalition de centre-droit emmenée par le candidat Nello Musumeci, politicien de longue date issu de la droite sociale, y remporte les élections avec un score de 40%. Le Mouvement 5 Étoiles frôle, lui, les 35%, doublant quasiment son score de 2012. Le recteur de l’université de Palerme, Fabrizio Micari, choisi comme candidat du gouvernement n’atteint pour sa part que 18,7% des suffrages. Si l’algorithme développé ces dernières années tient jusqu’au printemps prochain, le mouvement politique de Beppe Grillo deviendra le premier parti d’Italie. Mais paradoxalement, la coalition qui a le plus de possibilité de s’imposer et de gouverner l’Italie est celle qui unira la Ligue de Matteo Salvini – désormais débarrassée de son point cardinal « du Nord » – l’imputrescible Berlusconi et la droite souverainiste.

Si en 2017, le contexte national italien est bien différent de ce que l’on a connu naguère, particulièrement dans le rapport à l’Union Européenne et sur les questions internationales, l’offre politique de cette coalition ressemble un déjà-vu, celui de 1994, 2001 et 2008.

 

   Lire aussi : En Italie aussi, l’invasion inclusive a commencé

 

Les éléments qui composent le pôle de droite ont certes quasiment tous subi une évolution : Matteo Salvini n’est pas Umberto Bossi, et personne n’aurait pu imaginer il y a cinq ans que le secrétaire d’un ancien parti régionaliste, voire séparatiste par moments, puisse mener une campagne électorale dans le fin fond du Sud, en Sicile. La nouvelle direction imposée au mouvement est définitive et son ambition est claire : devenir la vraie alternative à la gauche libéralo-sociale de Matteo Renzi. Peu importe si ces alliés de Fratelli d’Italia, petit-fils légitimes ou pas du Movimento Sociale Italiano (MSI), traînent à consolider leur propre identité politique. Tout semble évoluer à droite, sauf Silvio Berlusconi : l’ancien premier ministre semble le même depuis toujours. Ses discours sont restés identiques à ceux d’il y a vingt ans, et si sa popularité a baissé, ses électeurs représentent 15% des voix. Ce bassin de votes significatif pèse encore aujourd’hui dans la balance de la politique italienne.

Après les victoires régionales de 2015 en Vénétie et Ligurie, il est devenu clair que le centre-droit parvient à écarter le Parti démocratique et la gauche au sens large quand il reste uni. Quand la Ligue se sépare de Berlusconi, c’est le Mouvement 5 Étoiles qui en profite, comme aux élections municipales de 2016 à Rome. La stratégie nationale de Salvini comment à porter ses premiers fruits sur le plan national. Le vote sicilien, après le référendum constitutionnel du 4 décembre 2016, est la nouvelle confirmation que la destinée de Matteo Renzi arrive à sa fin et que l’opposition est désormais prête à gouverner.

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