Il est étrange qu’un cinéaste turc habitué des très longs-métrages soit peut-être le descendant le plus évident d’Anton Tchekhov, maître de la nouvelle et du théâtre moderne. Les Herbes sèches peut se voir comme une variation négative sur Oncle Vania, ici un enseignant consumé par les désirs mauvais, coincé au fin fond de l’Anatolie, où il pratique la photographie amateur.
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Comme à l’ordinaire, Nuri Bilge Ceylan étire sur plus de 3 heures une histoire cruelle de désir mimétique. L’esthétique numérique et la littérarité parfois pesante donne un curieux mélange, entre Geo (les zooms avant sur des photos à haute définition) et le monologue de l’étudiant dans La Cerisaie qui aurait triplé de volume. Les acteurs sont admirables, surtout Deniz Celiloglu. À 2h50, un décrochage presque lynchien estomaque avant que la rivière ne retrouve son cours. Sans être intégralement conquis, on peut admirer la science avec laquelle Ceylan touche du doigt l’envie aux yeux de basilic qui dévore les hommes.
Les Herbes sèches de Nuri Bilge Ceylan, avec Deniz Celilo?lu, Merve Dizdar, Musab Ekici, en salles le 12 juillet





