Il est commun d’estimer qu’avant les monothéismes et leur « injonction au père », le monde païen était dominé par un système matriarcal. Peggy Larrieu, spécialiste en droit privé, revient sur ce passionnant débat à travers le mythe de Perséphone. Perséphone s’inscrit à la jonction de deux mondes, le masculin et le féminin, l’olympien et le chtonien, en tant que déesse des Enfers, enlevée par Hadès pour régner auprès d’elle. En revenant sur sa fonction première (« homéopathiser » la mort), Larrieu éclaire la façon dont l’actuelle pensée politique sur la femme (dont le wokisme et le néo-féminisme sont des exacerbations systémiques) est nourrie par un dualisme cosmologique : sans les rituels de fécondité et de mort, la femme est devenue un « impensé » sur lequel viennent s’agréger toutes les névroses de la modernité.
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L’essayiste donne la part belle à certaines sources apocryphes dont l’orphisme, cette mystique pratiquée pendant une petite dizaine de siècles qui constitua le contrepoint nécessaire de la métaphysique grecque. Un essai passionnant, construit comme une enquête, et qui prouve à quel point les mythes inscrivent encore leur résonnance dans notre modernité – puisqu’en organisant le cosmos de façon hiérarchique, ils sont les origines premières de nos lois civiles.

LE MYTHE DE PERSÉPHONE, PEGGY LARRIEU, Éd. du Verbe Haut, 174 p., 18 €





